Menu

Des trucs pour réduire le gaspillage alimentaire

Chaque année, 11,2 millions de tonnes d’aliments sont perdus ou gaspillés au Canada. De la ferme jusqu’à l’assiette, 30,4% de la nourriture produite et distribuée au pays n’est pas consommée. Comment faire mieux? Explorons la question.

Les organismes Second Harvest et Value Chain Management International évaluent à 49,46 milliards $ par année la valeur économique de cette nourriture potentiellement récupérable. Dans le même temps, un ménage sur huit a du mal à se procurer des aliments sains au quotidien.

Il s’agit aussi d’un fléau environnemental et d’un immense gâchis de ressources en eau, en terres agricoles et en énergie. Les Canadiens produisent près de 9,8 millions de tonnes d’émissions de CO2 chaque année, simplement en gaspillant des aliments parfaitement comestibles à la maison.

Selon le Conseil National Zéro Déchet, les campagnes promotionnelles qui mettent en avant les quantités et les prix réduits pour l’achat de plusieurs produits contribuent au problème, tout comme les emballages qui ne permettent pas aux consommateurs de séparer facilement les portions nécessaires.

Le principal défi du système de distribution consiste à faire correspondre les approvisionnements et la demande et à empêcher la détérioration des denrées qui parcourent souvent des milliers de kilomètres avant de se retrouver dans notre assiette

«Une mesure essentielle en faveur de la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires consiste à évaluer correctement le niveau des stocks dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, tant dans les entreprises que dans les ménages, et à entreposer les stocks d’aliments de manière à enrayer la dégradation», peut-on lire dans un rapport de l’organisation.

Dr Louis Sasseville, un chercheur d’Agriculture et Agroalimentaire Canada spécialisé dans la lutte contre les pertes et le gaspillage, juge toutefois que l’industrie a réalisé beaucoup de progrès en matière de logistique, de communication, de prévision des stocks.

«La grande distribution fait beaucoup pour minimiser les pertes et ainsi maximiser son profit. Éviter le gaspillage, c’est à l’avantage des distributeurs.»

Les recherches de ce biophysicien consistent à déterminer comment mieux prédire la durée de vie des aliments frais, s’assurer qu’ils soient maintenus à une température optimale de conservation pendant leur transport et leur entreposage et éviter qu’ils entrent en contact avec des bactéries.

Pour limiter le gâchis, les géants de la grande distribution ont pris certains engagements forts. Loblaws et ses filiales (Zehrs, Real Canadian Superstore) ont promis d’éliminer l’acheminement de déchets organiques vers les sites d’enfouissement d’ici 2030. Walmart entend y parvenir dès 2025.

Sobeys multiplie aussi les initiatives pour réutiliser et redistribuer les surplus autant que possible et a instauré un programme de collecte des déchets organiques dans la majorité de ses magasins.

Si les partenariats avec des banques alimentaires et d’autres organismes de bienfaisance sont désormais la norme, les dons de nourriture sont encore trop souvent freinés par des moyens insuffisants pour leur récupération, le manque de coordination entre les organismes et les entreprises, ou des réticences liées à des questions de responsabilité, regrette Lori Nikkel.

La directrice générale du réseau de récupération Deuxième Récolte fait valoir qu’aucune entreprise ayant donné des surplus alimentaires n’a été accusée de négligence au Canada. Elle déplore le fait que, plutôt que d’être redistribuée, une partie des surplus alimentaires est vendue pour être transformée en biocarburant ou en nourriture pour animaux.

Autre progrès à saluer, plusieurs grands détaillants appliquent désormais des rabais sur des produits approchant la date d’expiration ou à l’aspect altéré. Dans les magasins IGA présents au Nouveau-Brunswick, l’application mobile FoodHero permet à la clientèle d’acheter à prix réduit des denrées qui approchent de leur date de péremption. Plus de 300 000 kg de nourriture ont ainsi pu éviter la poubelle en 2021. C’est aussi l’idée de l’application Flashfood avec laquelle s’est associé le groupe Loblaw pour proposer des produits de rabais qui sont sur le point d’être retirés à près de 50%.

Depuis 2015, Loblaw a également débuté la commercialisation de fruits et légumes «moches», à un coût 30% inférieur aux autres. Identifiés «Naturellement Imparfaits», ces légumes n’ont d’irrégulier que la forme mais ont longtemps été jetés pour de bêtes raisons esthétiques. Dans une lettre ouverte publiée le mois dernier, un groupe de nutritionnistes québécois suggérait que le gouvernement interdise tout simplement le classement des fruits et des légumes selon l’apparence et le calibrage en épicerie.

Un défi pour les banques alimentaires

À Moncton, le Food Dépôt alimentaire peut compter sur les dons réguliers des chaînes Sobeys, Costco, Wholesale Club ou Loblaws et dispose d’une flotte de camions réfrigérés qui lui permet de collecter les invendus des supermarchés de la métropole du sud-est.

«Nous sommes limités par le manque de place dans notre entrepôt, on doit souvent refuser des livraisons», reconnaît cependant Stéphane Sirois, directeur général de l’organisme.

Ce centre de distribution centralisé reçoit chaque année près de 300 000 tonnes de nourriture et approvisionne 60 banques alimentaires, mais aussi des refuges, des cuisines communautaires et des écoles dans toute la province. Ces organisations n’ont toutefois pas toujours de grandes chambres réfrigérées pour entreposer un large volume de denrées.

«Pendant la saison de la récolte, des grosses vagues de produits frais arrivent, mais nous sommes souvent incapables de les distribuer assez rapidement», déplore M. Sirois.

Les dons ne finissent jamais à la poubelle, assure-t-il, ils sont plutôt envoyés aux environs des alentours pour alimenter des animaux ou créer du compost.

«Maintenant, on essaie de collaborer avec des entreprises pour faire de la transformation avec ces produits et faire des repas surgelés pour prolonger leur durée de vie», précise le directeur du Dépôt alimentaire.

L’organisme espère pouvoir bientôt nouer un partenariat avec la banque alimentaire Greener Village à Fredericton, qui prévoit d’ouvrir cet été une cuisine commerciale dédiée à la transformation des produits périssables et à leur congélation.

«Ça va nous permettre de diminuer considérablement les pertes», se réjouit Stéphane Sirois.

Doit-on se fier aux dates de péremption?

Le chercheur Sylvain Charlebois, du Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax, a évalué l’an dernier que «le ménage canadien moyen produit 2,30 kg de déchets» sur une base hebdomadaire. Il pointe du doigt une mauvaise gestion des inventaires, un manque de préparation avant de se rendre à l’épicerie et le peu de temps consacré à la cuisine.

Le Groupe de Travail sur la réduction du gaspillage alimentaire de la table québécoise sur la saine alimentation cite plusieurs pratiques d’achat et de consommation menant au gaspillage: perception négative de l’offre d’aliments déclassés, imparfaits ou invendus, norme sociale prônant l’abondance et valorisant des aliments parfaits, refus de consommer certaines parties comestibles des aliments, mode de vie très rapide, manque de connaissances et de compétences en matière de conservation et de salubrité des aliments ou encore préférence pour les restaurants proposant des grosses portions et de nombreuses options au menu.

Une étude menée par René Audet, titulaire de la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique, conclut que le respect des dates de péremption est le premier facteur de gaspillage dans les foyers.

Viennent ensuite le fait de ne pas savoir si un aliment est encore sain pour la consommation, l’organisation des aliments dans le réfrigérateur et le garde-manger et la quantité d’aliments contenue dans les emballages surpassant les besoins.

L’universitaire note qu’il règne parmi les consommateurs «une grande confusion quant au fonctionnement du système des dates de péremption et quant à la signification des dates elles-mêmes» et recommande la mise à la disposition sur les lieux d’achat de fiches informatives sur le sujet.

Pour rappel, les dates de péremption indiquent simplement que l’aliment n’est plus dans son état parfait à partir de cette date, mais pas nécessairement qu’il n’est plus sûr à consommer. Il peut simplement avoir perdu de la fraîcheur, du goût ou des nutriments.

René Audet observe également que les produits sont parfois retirés des étalages avant l’atteinte de la date de péremption. Plusieurs experts jugent d’ailleurs que la durée de conservation des aliments devrait être régulée par les gouvernements plutôt que d’être laissée au bon vouloir des manufacturiers qui se trouvent en quelque sorte en conflit d’intérêts puisque les dates ont un effet sur les ventes.

Le point de vue d’un agriculteur

L’agriculteur Benoit Michaud de la Ferme Michaud, à Bouctouche, estime que les exigences des grandes chaînes d’épicerie et la guerre des prix encouragent parfois le gaspillage agricole.

«On ne signe pas de contrat de vente avec les chaînes de supermarchés. Lorsqu’on plante, on ne sait pas à l’avance quels seront nos coûts pour la récolte et quel prix on voudra nous offrir. Certaines années, on a dû laisser plus de la moitié de la récolte dans le champ parce que le prix qu’on nous proposait nous obligeait à vendre à perte! Si tu vois des légumes très bon marché sur les tablettes, c’est que quelqu’un est perdant et 98% du temps, c’est le fermier.»

L’accès difficile à la main-d’œuvre a également produit du gâchis. L’an dernier, l’exploitation agricole n’a pas pu récolter d’énormes quantités de fraises alors que les travailleurs étrangers temporaires qu’elle avait embauchés ont dû s’isoler à leur arrivée.

«Si un produit est dans la chambre froide depuis trois jours, on appelle les banques alimentaires, affirme Benoit Michaud. Tous ceux qui sont venus nous voir en ayant faim ont eu à manger.»

En 2013, un programme de glanage avait été lancé dans le comté de Kent par le Réseau d’inclusion communautaire pour organiser des cueillettes sur les terres agricoles où la récolte a déjà eu lieu afin de nourrir les familles à faible revenu de la région. Faute de bénévoles, ce projet n’a malheureusement pas fait long feu.

Du côté de la capitale provinciale, un groupe de citoyens nommé Fredericton Food Rescue continue de récupérer les excédents provenant des fermes jusqu’au milieu de l’automne. Chaque fois, un tiers des récoltes de l’organisme revient au producteur, un tiers va aux cueilleurs et un tiers est donné à des organisations charitables.

Six initiatives anti-gaspillage à imiter

Aux quatre coins du pays, les idées fusent pour sauver plus de produits consommables qui prennent aujourd’hui la direction des ordures. Voici quels projets qui mériteraient de prendre de l’ampleur.

Seconde Récolte s’étend au Nouveau-Brunswick

Second Harvest, la plus grande organisation de récupération alimentaire canadienne, a étendu sa plateforme en ligne aux provinces maritimes l’an dernier. Son application gratuite Bouffe Récup permet de mettre en contact les donneurs et les organismes de bienfaisance.

«C’est un moyen simple et rentable pour les entreprises qui ont des surplus de nourriture de partager l’information. Ça envoie une notification aux organisations à but non lucratif de leur communauté qui peuvent réclamer les denrées et venir dans la fenêtre de ramassage indiquée», explique Michael Hardy, directeur des opérations pour la région Atlantique.

«À ce jour, nous avons aidé à sauver près de 900 000 livres de nourriture au Nouveau-Brunswick.» Sobeys Inc., McCain ou Starbucks sont parmi les principaux contributeurs. L’organisme de bienfaisance The Humanity Project, basé à Moncton, a ainsi pu récupérer 20 000 repas préparés en novembre dernier. Ils ont profité à la clientèle de six organisations communautaires et de deux écoles.

Donner une nouvelle vie aux invendus alimentaires

Certains entrepreneurs canadiens tracent les contours d’une économie circulaire où les sous-produits d’une industrie deviennent la matière première d’une autre. Au Québec, l’entreprise Loop Mission se sert de fruits et de légumes imparfaits rejetés par l’industrie alimentaire pour mettre au point des jus, des smoothies, de la bière, du gin et des sodas probiotiques.

De son côté, la néo-écossaise Outcast Upcycled Nutrition transforme des fruits et légumes excédentaires en poudre protéinée. L’entreprise a récemment reçu une subvention du gouvernement fédéral pour la mise en service d’une seconde usine en Ontario qui lui permettra de transformer jusqu’à 35 millions de tonnes de fruits et de légumes invendables d’ici 2024 pour produire plus de quatre millions livres de poudre par année.

Dans la région de Scarborough, Genecis Bioindustries Inc. transforme les déchets alimentaires en bioplastiques compostables pouvant servir à la fabrication de vaisselle et de contenants. Dans son usine, 20 bioréacteurs de bactéries participent au processus de fermentation pour produire des polymères naturels appelés polyhydroxyalcanoates. L’entreprise a notamment noué un partenariat avec Sodexo, l’un des plus gros fournisseurs mondiaux de services de restauration collective et Novo Nordisk, une multinationale pharmaceutique danoise, pour développer ses capacités.

Place au compostage!

Les déchets alimentaires se retrouvent souvent dans les dépotoirs où ils produisent du méthane, un puissant gaz à effet de serre qui contribue aux changements climatiques.

Dans le Sud-Est, le tri des déchets organiques demeure pourtant facultatif pour les entreprises, les écoles ou les immeubles d’habitation. Pour inciter ses clients à adopter son système à trois sacs, le centre de tri ECO360 qui dessert plus de 178 700 résidents, a fixé le prix du traitement des déchets non triés destinés pour l’enfouissement à 119$ la tonne, contre 60$ la tonne pour le matériel recyclable et organique trié. Grâce à la récupération des déchets organiques de la région, Eco360 a produit plus de 10 000 tonnes de compost, qui ne produit que de la vapeur d’eau et du dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre 25 fois moins puissant que le méthane.

Plus au nord, la Commission de services régionaux de Kent propose chaque printemps à ces résidents de faire l’achat d’un composteur ou d’un digesteur à un prix réduit. Encore plus au nord, l’organisme Imaginons la Péninsule acadienne autrement a initié deux projets de compostage communautaire, le premier à Tracadie, le second à Caraquet. Dans les deux cas, cinq familles d’un même quartier ont été sélectionnées pour recevoir une formation et des bacs en cèdre ont été installés dans le voisinage. Alexandra Caissie, coordinatrice de projets, aimerait voir ce modèle se développer dans d’autres municipalités désireuses de lutter contre les changements climatiques tout en nourrissant le sol.

Les frigos communautaires gagnent en popularité

Les réfrigérateurs communautaires se sont multipliés au Québec récemment. Installés dans des endroits publics, ils permettent à des commerçants ou des particuliers d’y déposer leurs surplus d’aliments ou d’y prendre gratuitement des produits laissés par d’autres. L’idée est d’éviter le gaspillage, mais aussi de partager notre nourriture avec des personnes dans le besoin. Ouverts à tous, ils peuvent être placés dans la rue, dans des immeubles à logements, des milieux de travail, des écoles ou certains organismes communautaires.

De l’autre côté de l’Océan Atlantique…

En France, une loi oblige depuis 2016 les épiceries à donner leurs aliments comestibles invendus aux associations de solidarité au lieu de les jeter. Les supermarchés ont désormais l’interdiction de détruire ou de rendre impropres à la consommation des produits encore consommables. Une première mondiale. Les Restos du cœur, une association de lutte contre la pauvreté, ont vu leurs dons provenant des grandes surfaces augmenter de 24% depuis l’adoption du texte.

Au Royaume-Uni, l’organisme Too Good to Go a fait réagir avec sa campagne ‘Look, Smell, Taste, Don’t Waste’ (Regarde, Sent, Goûte, Ne Gaspille pas), qui incite les consommateurs à questionner les dates de péremption. Une quarantaine de marques ont accepté d’ajouter un nouveau pictogramme sur leurs produits appelant à «utiliser son jugement» pour déterminer si un aliment est encore consommable.

Le mouvement Disco Soupe

Faire de la sensibilisation au gaspillage une grande fête et un moment de convivialité ouverts à tous, c’est l’objectif de la Disco Soupe née à Paris il y a 10 ans. Le principe: cuisiner en groupe des fruits et légumes rebuts ou invendus dans une ambiance musicale et festive. Les soupes, salades, jus de fruits ou smoothies ainsi confectionnés sont ensuite partagés, redistribués à tous gratuitement ou à prix libre. L’enjeu : interroger le système et les pratiques liées à notre alimentation.

Les conseils de pros du zéro déchet à la maison

Pour vous présenter quelques astuces pour éviter le gâchis et alléger sa facture d’épicerie, l’Acadie Nouvelle est allée trouver conseil auprès de Christophe Couverchel, l’instigateur du Défi zéro déchet Chaleur et Florence-Léa Siry, auteure de cinq livres dédiés à la réduction du gaspillage alimentaire.

Au cours des trois dernières années, plusieurs familles ont répondu au défi lancé par l’association zéro déchet Chaleur de diminuer de 30% la quantité de denrées et d’emballages qui prenaient le chemin de la poubelle. Certains participants sont parvenus à réduire leurs déchets de 90%. «L’une des clefs, c’est de cuisiner soi-même», souligne l’animateur du projet, Christophe Couverchel. «Il faut prendre la cuisine comme une activité ludique qu’on peut faire avec les enfants.»

On oublie que la plupart des pelures que nous jetons sont comestibles, rappelle-t-il. Une façon de les utiliser est de les faire frire. Une fois transformées en croustilles, elles peuvent garnir un repas ou une salade ou même se déguster comme collation. Les feuilles de radis, betteraves, carottes ou céleri sont toutes comestibles et peuvent elles aussi trouver leur place dans bien des recettes.

Des légumes abîmés peuvent finir en soupe ou en gratin, un fruit trop mûr peut devenir un muffin, une compote de fruits ou smoothie. Les soupes, les ragoûts, les plats mijotés et les lasagnes peuvent tous être préparés en grandes quantités et congelés, puis décongelés pour les soupers pressés.

De son côté, le centre de gestion des déchets ECO360 suggère de planifier un menu pour la semaine. Faites-vous une liste d’épicerie et n’achetez que les quantités nécessaires pour votre recette. Une planification de repas réussie n’est pas nécessairement synonyme de passer des heures à feuilleter des livres de cuisine. Une liste de plats favoris à portée de main permet de gagner du temps.

Autre outil pour ne pas tomber à court d’idées, l’application Frigo Magic propose des recettes en fonction du contenu de son réfrigérateur et de ses placards.

Pour éviter d’accumuler au-delà de ses besoins, l’idéal est de privilégier l’achat en vrac, conseille M. Courchevel. Il faut ensuite veiller, lorsqu’on ouvre un paquet ou qu’on revient de ses courses en vrac, à conserver le tout à l’abri de la chaleur et de l’humidité dans des bocaux hermétiques.

«Pouvoir acheter beaucoup, c’est parfois vu comme un signe d’ascension sociale», observe Florence-Léa Siry.

À travers ses conférences, son blogue, et ses bouquins, cette écoentrepreneure de Montréal propose des défis mensuels à sa communauté, incitant les gens à cuisiner de façon créative et à redéfinir ce que peut être un surplus ou un déchet alimentaire. «On devrait éplucher les pieds de brocolis plutôt que de les jeter», illustre-t-elle. Conservez les tiges d’herbes et les parties de légumes plus coriaces, comme le vert de poireau, ils pourront faire un excellent bouillon!

Le site dédié à la campagne J’aime manger pas gaspiller Canada propose un guide de conservation pour un grand nombre d’aliments. On y apprend par exemple qu’un trempage dans de l’eau glacée pendant 5 à 10 minutes est souvent suffisant pour revigorer les légumes fanés, qu’il faut assécher les concombres avant de les mettre au frigo, arroser l’avocat de jus de citron pour empêcher qu’il ne noircisse ou éviter de ranger les pommes de terre près des oignons car le gaz qu’ils émettent favorise la germination.

La campagne partage aussi un guide pour aider à bien classer les aliments dans le réfrigérateur.

On suggère de le régler entre O et 4°C et de placer les aliments moins frais à l’avant, bien en vue, pour les consommer rapidement et éviter de les oublier. «Le lait conservé adéquatement dans la partie la plus froide du frigo, soit au fond de la tablette centrale, peut être consommé après la date de conservation», peut-on lire sur le site. C’est aussi à cet endroit que devront être rangés les plats cuisinés, la viande et le poisson. Si le réfrigérateur le permet, réglez l’un des tiroirs du bas à un niveau d’humidité élevé pour les légumes à feuilles et l’autre à un niveau d’humidité faible pour les fruits et légumes à pelure.

Partager
Tweeter
Envoyer