Une fraude alléguée d’une ampleur inconnue

MONTRÉAL – On ne connaîtra pas l’ampleur de la fraude alléguée dans l’affaire de la Corporation Earl Jones avant le mois prochain, a avancé, hier, le séquestre intérimaire de la firme, Gilles Robillard.

L’entreprise de Pointe-Claire, dans l’ouest de l’île de Montréal, est soupçonnée d’avoir élaboré un «stratagème de Ponzi» dans lequel une cinquantaine d’investisseurs, y compris son frère Bevan, 70 ans, auraient perdu jusqu’à 50 millions $, selon l’Autorité des marchés financiers.
Hier, la Cour supérieure a prolongé jusqu’au 29 juillet le mandat de M. Robillard, du cabinet comptable RSM Richter.
Aucun représentant de Jones n’était présent au tribunal, hier, pour contester la requête présentée par le séquestre intérimaire. RSM Richter s’occupe du dossier depuis la semaine dernière, alors que l’affaire a éclaté au grand jour.
Le 29 juillet, la Cour se penchera sur la mise en faillite de la Corporation Earl Jones. Comme ses activités semblent avoir été abandonnées et que ses actifs apparaissent insuffisants pour couvrir ses obligations, la faillite devrait être prononcée «par défaut», séance tenante, a indiqué M. Robillard à sa sortie du tribunal, hier. M. Jones est toujours introuvable.
Une fois la faillite prononcée, M. Robillard deviendra syndic de la firme, avec pour mandat de redistribuer le plus d’argent possible aux créanciers, en l’occurrence les investisseurs. Mais jusqu’ici, aucun actif de grande valeur n’a été retracé.
La prochaine étape, vers la mi-août, sera la tenue d’une assemblée des créanciers. Pour l’occasion, le syndic publiera un rapport qui donnera plus de détails sur les actifs et les passifs de la Corporation Earl Jones.
Entre-temps, deux employés de RSM Richter ont pris place dans les bureaux d’Earl Jones afin d’examiner les factures, états de compte, chèques et autres documents qui y sont entreposés.
Le rôle du séquestre intérimaire est surtout de préserver les actifs au bénéfice des créanciers de l’entreprise, en s’assurant notamment que les comptes soient gelés.
Une publicité paraîtra dans deux quotidiens montréalais pour informer les clients d’Earl Jones de la situation et les inviter à contacter RSM Richter.
 Un agent de bord soutient avoir aperçu le conseiller financier Earl Jones dans un avion de la British Airways se dirigeant vers la Grande-Bretagne, jeudi dernier.
Selon ce que rapporte le réseau de télévision Global, l’homme voyageait seul, en classe affaires; il portait une mallette. Son nom apparaissait sur la liste des passagers, semble-t-il, mais aucun autre détail sur cette allégation n’est disponible.