Une libération compliquée par la bureaucratie

MONTRÉAL – L’avocate de Vincent Lacroix s’attendait à ce qu’il ne se retrouve en semi-liberté que mercredi, mais n’écartait pas la possibilité qu’il pouvait sortir du centre de détention montréalais Rivière-des-Prairies pour être transféré en maison de transition dès hier soir.
De nouvelles tracasseries administratives sont survenues hier, dans le dossier de l’ancien PDG de Norbourg, et le tout n’a été réglé que vers 16 h (HNE). Et, d’après Me Marie-Hélène Giroux, tout dépendait ensuite des agents de liaison. Le réseau TVA était plus précis hier soir, en affirmant que Lacroix devait sortir entre 20 h et 21 h (HNE).
Le juge Richard Wagner de la Cour supérieure a accueilli, le 8 juillet, la requête de mise en liberté provisoire de Lacroix. Celui-ci avait purgé le sixième de la peine de huit ans et demi de détention dont il a écopé après avoir été reconnu coupable en janvier 2008 de 51 infractions pénales à la Loi sur les valeurs mobilières.
Cependant, il fait maintenant face à près de 200 accusations criminelles de fraude et de fabrication de faux, ce qui explique pourquoi une caution était exigée par la cour.
Ce n’est que lundi que le père de Vincent Lacroix, Donald, a pu payer la caution de 5000 $. Me Giroux a aussi présenté un dossier prouvant que sa famille pouvait offrir un engagement financier de 50 000 $, l’autre condition nécessaire à la libération de l’accusé.
La poursuite a demandé hier matin des garanties supplémentaires, ce qui a prolongé quelque peu le séjour de Lacroix derrière les barreaux. Des documents devaient plus tard être transférés à la prison de Rivière-des-Prairies depuis le Palais de justice de Montréal.
Ces documents, qui démontrent que la mère et les beaux-parents de Vincent Lacroix ont pu réunir près de 62 000 $, n’ont été déposés au Palais de justice qu’en fin d’après-midi. Ils perdront cette somme si Lacroix devait manquer aux conditions que lui a imposée la Commission des libérations conditionnelles en juin.
Dans le cadre de sa libération conditionnelle, l’ex-dirigeant de Norbourg doit passer 18 mois en garde fermée dans une maison de transition de Montréal. Pendant la première moitié de cette période, il n’aura la possibilité de sortir que pour réaliser des travaux communautaires sous surveillance. Ensuite, il ne pourra sortir que pour travailler ou chercher un emploi.
Le procès criminel de Lacroix, qui a orchestré un détournement de 115 millions $ à même l’épargne de 9200 investisseurs, doit débuter le 14 septembre. (LA PRESSE CANADIENNE)