Acadian en sérieuse difficulté financière

FREDERICTON – La compagnie de transport Acadian, présentement en lock-out, se tourne vers la province afin de parvenir à garantir la viabilité à long terme de son service de transport par autocars au Nouveau-Brunswick.

Le vice-président au marketing, aux ventes et aux communications du Groupe Orléans Express dont fait partie le transporteur, Marc-André Varin, dit que l’entreprise doit faire face à un défi financier d’une telle ampleur qu’il menace la viabilité de son service au Nouveau-Brunswick.

«Le gouvernement est interpellé, (car) il y a d’autres formules qui existent, il y a toutes sortes de subventions ou d’allègements qui peuvent être mis en place. Alors la discussion est rendue à ce niveau-là», explique M. Varin.

Il n’a cependant pas voulu préciser la nature exacte de l’aide que la compagnie a sollicitée auprès du ministère des Transports du Nouveau-Brunswick.

Mais on sait que le Groupe Orléans Express, société mère d’Acadian, ne paie pas de taxe provinciale sur le carburant diésel au Québec.

Acadian dit avoir essuyé des pertes de plus de 7,2 millions $ depuis 2004.

M. Varin précise que c’est le présent conflit de travail qui a forcé la compagnie à réexaminer son modèle d’exploitation.

«De notre point de vue, le tout a commencé avec une négociation de contrat. Mais la discussion est maintenant autour de la viabilité à long terme du service d’autobus au Nouveau-Brunswick dans un système non subventionné», explique M. Varin.

Les 59 conducteurs, mécaniciens et agents du service à la clientèle de la compagnie Acadian sont en lock-out depuis le 2 décembre.

Acadian dessert le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et une partie de la Nouvelle-Écosse.

M. Varin a aussi tenu à préciser que la compagnie ne compte pas sur le renouvellement du contrat de travail pour atteindre la rentabilité.

«On ne met pas le fardeau de la viabilité à long terme du service sur le dos du syndicat. Ce n’est pas le cas», insiste-t-il.

«Mais, c’est sûr que c’est une pièce du casse-tête qui est selon nous essentielle», précise Marc-André Varin.

Il estime que la rentabilité passe «par une série de mesures.»

«Elle passe définitivement par des gains du côté (de la) productivité et ça, ça interpelle la convention collective. On est convaincus en fait qu’il y a des gains comme on en a fait sur d’autres territoires avec d’autres contrats», indique le porte-parole.

«Il y a eu des approches avec le ministère des Transports (du Nouveau-Brunswick) et il y a des choses qui se passent de ce côté-là, parce qu’il y a d’autres choses qui peuvent être faites. Je ne veux pas aller trop loin parce que je ne veux pas compromettre nos discussions avec le gouvernement» a déclaré M. Varin à l’Acadie Nouvelle.

La compagnie a décrété un lock-out le 2 décembre 2011 et a refusé l’arbitrage jusqu’ici. Acadian affirme que tant que les syndiqués n’offriront pas un gain de productivité, il n’y a aucune raison de retourner à la table de négociation.