Changements chez RIM: les investisseurs ont des doutes

WATERLOO, Ontario – Le nouveau chef de la direction de Research in Motion (RIM) se dit confiant de voir l’entreprise demeurer un joueur de premier plan dans le domaine des téléphones intelligents même si la compagnie a commis quelques erreurs, mais les investisseurs semblent un peu plus sceptiques.

En milieu d’avant-midi lundi, le titre de RIM perdait près de 7 % de sa valeur, en chute de 1,17 $ à 16,07 $, sur le parquet de la Bourse de Toronto.

L’entreprise de Waterloo, en Ontario, a annoncé dimanche que Jim Balsillie et Mike Lazaridis seront remplacés par le chef de l’exploitation Thorsten Heins, qui s’est joint à RIM il y a quatre ans après son passage chez Siemens AG.

M. Heins a profité d’une conférence téléphonique, lundi matin, pour rappeler que RIM a subi et est à compléter une transformation d’envergure. Il a ajouté qu’il est normal pour une entreprise en pleine croissance de rencontrer certains problèmes, mais qu’il est important d’apprendre de ces erreurs.

M. Heins a déclaré qu’aucun changement important n’est nécessaire, selon lui, et que ses décisions n’auront pas d’impact «sismique». Il a affirmé sa confiance envers la vision et la nouvelle plateforme logicielle développée par ses prédécesseurs, mais a déclaré que RIM doit déployer de plus grands efforts aux États-Unis pour élargir sa clientèle au-delà des seuls abonnés corporatifs.

M. Lazaridis sera dorénavant le vice-président du conseil d’administration de RIM, pendant que M. Balsillie continuera lui aussi à siéger au conseil. Les deux hommes demeurent les actionnaires les plus importants de RIM.

Au sujet de la nomination de M. Heins à titre de chef de la direction, M. Lazaridis a lui aussi déclaré que le temps était venu d’emprunter une nouvelle avenue.

«Il arrive un jour, dans la croissance de toute entreprise ayant connu du succès, où ses fondateurs réalisent qu’il faut passer le flambeau à de nouveaux leaders. Jim et moi avons rencontré les membres du conseil d’administration et leur avons dit que nous pensions que ce jour était arrivé», a d’abord expliqué M. Lazaridis, dans le communiqué.

«Maintenant que le BlackBerry 7 est sur le marché, que le PlayBook 2.0 verra le jour en février et que le BlackBerry 10 devrait sortir plus tard au cours de l’année, l’entreprise aborde une nouvelle phase, et nous pensions qu’il était approprié qu’un nouveau leader lui fasse franchir cette étape et les suivantes. Jim, le conseil d’administration et moi-même pensions que ce leader devait être Thorsten Heins», a ajouté M. Lazaridis.

«Depuis qu’il est en fonction chez RIM, a renchéri M. Lazaridis, Thorsten a démontré qu’il possède le parfait mélange de leadership, d’expérience significative de l’industrie et d’habiletés pour faire avancer la compagnie. Nous avons été impressionnés par ses habiletés opérationnelles, autant chez RIM que chez Siemens. J’ai tellement confiance en l’avenir de RIM que j’envisage acheter 50 millions $ en nouvelles actions de l’entreprise, tel que permis, sur les marchés monétaires», a aussi annoncé M. Lazaridis.

Tous deux âgés de 50 ans, MM. Balsillie et Lazaridis ont dirigé les opérations de la société pendant les deux dernières décennies.

La compagnie a connu une dramatique chute en 2011, glissant derrière ses rivaux dans le féroce marché du téléphone intelligent. Elle a notamment été confrontée à la plus importante panne de service de son histoire et vu sa valeur sur le marché perdre des milliards de dollars.

Par ailleurs, la tablette PlayBook, la riposte de RIM au iPad d’Apple, a été incapable d’obtenir le soutien des consommateurs, au point où la compagnie a dû offrir d’importants rabais pour espérer en accroître les ventes.

De nombreux investisseurs ont blâmé MM. Balsillie et Lazaridis pour les ennuis de la compagnie et avaient demandé qu’ils soient remplacés, et que l’entreprise soit vendue ou fractionnée.

Malgré tous ces ennuis, M. Heins, qui est âgé de 54 ans, a manifesté son optimisme quant à l’avenir de RIM et rendu hommage à ses deux cofondateurs.

«Mike et Jim ont posé un geste audacieux il y a 18 mois lorsque RIM a procédé à l’achat de QNX pour assurer la transformation de la plateforme BlackBerry en vue de la prochaine décennie. Nous sommes convaincus qu’il s’agissait de la bonne avenue. La volonté perpétuelle de Mike et Jim de ne pas sacrifier la valeur à long terme au profit de gains à court terme a fait de RIM la grande entreprise qu’elle est aujourd’hui. Je partage cette philosophie et je suis emballé face à l’avenir de la compagnie», a affirmé M. Heins.

Selon le nouveau chef de la direction, RIM peut compter sur de très bonnes assises pour bâtir l’avenir.

«Nous avons un solide bilan, avec environ 1,5 milliard $ en liquide à la conclusion du dernier trimestre et une dette négligeable. Lors du dernier trimestre, nous avons déclaré des revenus de 5,2 milliards $, en hausse de 24 pour cent par rapport au trimestre précédent, et une augmentation de 35 pour cent, sur 12 mois, de notre nombre d’abonnés, maintenant supérieur à 75 millions», a fait remarquer M. Heins.