Diminution du prix des résidences: le N.-B. devrait éviter le pire

NDLR: L’Acadie Nouvelle vous présente aujourd’hui la première de trois parties d’un dossier portant sur le marché de la revente immobilière au Nouveau-Brunswick.

MONCTON – Les analystes sont unanimes: les maisons canadiennes vont perdre beaucoup de valeur au cours des prochaines années. Cette tendance ne se reflétera toutefois pas au Nouveau-Brunswick.

À la fin juillet, la firme de consultants Capital Economics a annoncé que les maisons canadiennes pourraient perdre près de 25 % de leur valeur à «long terme», les prix amorçant leur descente à partir de décembre.

Deux semaines plus tard, la Banque Scotia a de son côté indiqué que le prix des maisons pourrait reculer de 10 % au cours des deux ou trois prochaines années au pays.

Les Néo-Brunswickois qui comptent mettre leur maison en vente à court ou à moyen terme peuvent toutefois dormir sur leurs deux oreilles, souligne Claude Gautreau, analyste principal de marché à la Société canadienne d’habitation et de logement (SCHL): le N.-B. sera très peu touché par cette importante déflation.

«Pour le reste de l’année 2012, et pour 2013, nous prévoyons que le prix moyen des maisons demeurera relativement stable au
N.-B., souligne M. Gautreau. Et si les prix évoluent, ce sera de l’ordre de 1 ou 2 %, à la hausse ou à la baisse.»

Une opinion que partage Anne Smith, une agente immobilière de la région de Fredericton.

«Historiquement, les maisons au Nouveau-Brunswick ont toujours constitué un bon investissement. Le marché a toujours été stable. J’ai confiance que la tendance va se maintenir», dit-elle.

Si la vague de déflation évitera le N.-B., c’est parce que la province n’a pas été touchée par la hausse vertigineuse des prix qu’ont connus certains marchés comme Vancouver ou Toronto au cours des dernières années.

Profitant de la faiblesse des taux d’intérêt engendrée par la crise financière de 2008-2009, les Canadiens ont investi en masse dans l’immobilier. La demande a alors dépassé l’offre et les prix ont explosé.

Selon l’Association canadienne de l’immeuble, le prix de la maison canadienne moyenne a grimpé de 55 % de janvier 2005 à mai 2012, pour atteindre 350 000 $. Au N.-B., l’augmentation a été beaucoup plus modeste, tournant autour de 30 %.

«Au cours des 10 dernières années, le marché a très bien fonctionné au N.-B., souligne M. Gautreau. La croissance du prix des maisons a été significative, mais elle ne peut pas être considérée comme élevée si on la compare à plusieurs autres marchés du pays, où on a observé énormément de volatilité.»

Selon le vétéran analyse indépendant Mark Hanson, la valeur des maisons canadiennes est appelée à diminuer parce que les prix actuels sont «complètement déconnectés des indicateurs fondamentaux».

Bref, les prix ont grimpé beaucoup plus vite que la capacité de payer des Canadiens, ce qui se traduira immanquablement par une période d’ajustement. Une réalité qui ne s’applique pas au N.-B., où le marché est demeuré relativement stable.

Comment alors expliquer cette stabilité? Parce que le prix des maisons est directement lié à la vigueur du développement économique. Et qu’à ce chapitre, le N.-B. est à la traîne de la très grande majorité des provinces canadiennes.

«Depuis quelques années, le développement économique est stable au Nouveau-Brunswick, indique M. Gautreau. Nous n’assistons pas à un boom comme c’est actuellement le cas en Alberta et au Labrador.»

Un boom économique a en effet un impact à la hausse sur le prix des maisons, la demande (des gens qui déménagent dans le marché en pleine expansion économique pour y occuper un emploi) devenant beaucoup plus grande que l’offre (soit le nombre de maisons à vendre sur le marché en question).