Les Néo-Brunswickois n’ont aucun mal à payer leur hypothèque

CARAQUET – Malgré les difficultés économiques que traverse la province et notamment le taux de chômage qui frappe les ménages, le nombre de prêts hypothécaires en défaut de paiement reste inférieur à 0,5%.

D’après les données de l’Association des banquiers canadiens (ABC), en août, la part des hypothèques qui était en souffrance depuis plus de trois mois s’élèvait à 0,45 % pour l’ensemble des provinces de l’Atlantique. Les statistiques de l’ABC s’appuient sur les données des banques à charte fédérale.

La situation n’est pas vraiment différente du côté des caisses populaires dont l’ABC ne tient pas compte dans ses statistiques.

«C’est un chiffre très minime», assure Mario Griffin le porte-parole de la Fédération des caisses populaires acadiennes.

«On parlait de 0,43 % au troisième trimestre de 2012 pour les prêts aux particuliers».

Cela concerne les prêts à la consommation, mais aussi, et surtout les prêts habitation qui n’ont pas été honorés depuis 30 à 90 jours.

«Si on regarde un autre indicateur, les prêts improductifs, c’est à dire là où on a des provisions de pertes sur les prêts, encore là on est en ligne avec ce que l’on a depuis deux ans, c’est en bas de 0,35 %.»

Du côté de la Banque Nationale du Canada (BNC), le constat est assez semblable.
«Le taux de délinquance à 90 jours est de 0,3 % sur plus de 7000 prêts consentis», explique la porte-parole de la BNC Joan Beauchamp.

Elle note une légère tendance à la hausse au Nouveau-Brunswick.

«Mais ce n’est pas significatif», précise-t-elle tout de suite.

«Les cas de délinquance en 2009-2010, on en avait une quarantaine et pour 2011-2012 on devrait en avoir une cinquantaine. On ne peut pas crier au loup. Les chiffres ne sont pas alarmants».

La stabilité actuelle s’explique en grande partie par le faible niveau des taux d’intérêt pour souscrire une hypothèque.

«Tant que les taux d’intérêt sont ce qu’ils sont, c’est très stable, confirme Mario Griffin, il y a peu de délinquance à ce niveau-là».

D’autres éléments entrent aussi en ligne de compte explique la porte-parole de la BNC. Le premier est le resserrement des conditions de crédit décidé par le gouvernement fédéral et «les gens sont de plus en plus prudents depuis la crise de 2008».

Le taux a très peu varié ces dernières années et rien ne semble indiquer que cela va changer dans l’immédiat, remarque M. Griffin.

«On ne voit pas d’indicateurs qu’il y ait davantage de saisies hypothécaires dans les caisses populaires acadiennes. On remarque au contraire que depuis deux ans on a un niveau inchangé par rapport au nombre de prêts en retard».

Qu’en sera-t-il quand les taux hypothécaires vont repartir à la hausse?

«Si les taux grimpaient subitement, le taux de délinquance suivrait en conséquence», confirme Joan Beauchamp.

«On surveille quand même la situation», répond également le porte-parole de la Fédération des caisses populaires acadiennes, «mais définitivement ce n’est pas un problème présentement. Il faudrait que ces indicateurs-là quadruplent pour qu’on commence à prendre des mesures».