Entreprise Péninsule fait ses derniers adieux

SHIPPAGAN – Après une quarantaine d’années d’existence, Entreprise Péninsule fait ses derniers adieux. Mardi soir, l’agence de développement économique a tenu à Shippagan, pour une dernière fois, un 5 à 7 pour remercier la communauté d’affaires de la Péninsule acadienne.

Fondée il y a près d’une quarantaine d’années sous le nom de la Commission d’expansion économique de la Péninsule, l’entité opérait sous le nom d’Entreprise Péninsule depuis près d’une décennie.

Elle ferme ses portes pour faire place à un nouveau bureau régional de développement économique, mis en place par le ministère provincial du Développement économique.

Douze nouveaux bureaux régionaux de développement économique ont ouvert leurs portes le 2 avril. Ils ont été mis sur pied pour remplacer les agences du réseau Entreprise. L’année dernière, l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA) a annoncé qu’elle cesserait de financer ces agences au Nouveau-Brunswick en 2013.

Le gouvernement Alward espère décentraliser les services et faciliter l’accès aux programmes de financement provinciaux.
Sans vouloir remettre en question l’efficacité de ces nouvelles entités, l’ancien directeur général d’Entreprise Péninsule, Raymond Arsenault, croit que l’agence avait l’avantage d’être un «défenseur de projets».

«On accompagnait les entrepreneurs et on l’aidait à avoir accès à des fonds gouvernementaux. Aujourd’hui, ce sont des fonctionnaires qui vont étudier le projet et soit accorder un prêt ou une subvention. Mais le fonctionnaire veut ravoir son argent si elle est remise sous forme de prêt. Si c’est un octroi, il évalue le projet. On n’évaluait pas les projets, on aidait les entrepreneurs à les monter et on avait le sentiment, beaucoup plus qu’un fonctionnaire, de soutenir les projets. Je ne veux pas dire que les entrepreneurs ne sont plus entre bonnes mains, mais il y a cet aspect de défenseur qui n’existe plus», affirme Raymond Arsenault.

Gilles Lanteigne, dernier président du conseil d’administration d’Entreprise Péninsule, partage un avis semblable. Il croit que le gouvernement ne fait pas suffisamment la promotion de son nouveau programme.

«La mise en marché du concept n’a pas trop été véhiculée. Il va falloir que le gouvernement fasse connaître le programme sur le terrain parce que les entrepreneurs ne savent plus à quel endroit se diriger», dit-il.

Malgré la fermeture d’Entreprise Péninsule, Gilles Lanteigne croit sincèrement à la volonté de la communauté d’affaires de la région.

«La Péninsule a toujours eu des défis, mais elle n’est pas plus pessimiste aujourd’hui qu’il y a 40 ans. Les entrepreneurs trouvent toujours les moyens d’innover et de sortir des sentiers battus. Les gens se prennent toujours en main. Je ne m’inquiète pas pour l’avenir», dit-il.

De son côté, Sylvie Cormier, présidente de la Chambre de commerce du Grand Tracadie-Sheila, croit également à la volonté des entrepreneurs de la Péninsule acadienne.

Elle croit aussi que les nouvelles agences de développement économique sauront bien épauler les gens d’affaires.

«Le gouvernement a mis en place un programme pour aider les entreprises, ce qui est important, parce que le développement de la Péninsule acadienne est important», souligne-t-elle.