60 Entrepreneurs de l’année au Restigouche!

CAMPBELLTON – Dans le cadre de la Semaine de la PME, le Centre d’Entrepreneuriat du Restigouche a présenté, mercredi soir à Campbellton, son tout premier banquet Célébration entrepreneurial.

Avec ce banquet, l’organisme prend ainsi le relais – en quelque sorte – à la défunte agence de développement économique Entreprise Restigouche, qui a fermé ses portes le printemps dernier et qui a présenté pendant plusieurs années un gala en hommage aux entrepreneurs.

«On trouvait que c’était important de souligner le succès de nos entreprises locales. On parle malheureusement beaucoup moins des succès de la région que de ses échecs, non seulement dans les médias, mais aussi dans les familles restigouchoises. On se doit, selon nous, de dire aussi qu’il y a de belles histoires à succès ici et des gens qui travaillent fort derrière elles», explique Julie Thériault-Guitard, directrice du centre.

La formule de ce premier banquet diffère toutefois quelque peu de l’original. Ce n’est donc pas une seule entreprise, mais bien une soixantaine d’entrepreneurs du Restigouche – tous champs d’activité confondus – qui ont eu la surprise de se voir honorer Entreprise de l’année.

«On ne voulait pas faire un banquet et rendre hommage à une seule entreprise. Au lieu de ça, on a décidé de souligner tous nos entrepreneurs, question de reconnaître leur travail et leurs efforts. Ils jouent tous un rôle très important dans notre société, dans le développement économique», dit Mme Thériault-Guitard.

Afin de prouver l’importance de l’entrepreneuriat, l’organisme a dévoilé certaines données locales. On note, par exemple, qu’il y a, au Restigouche, pas moins de 1200 entrepreneurs et que ces PME constituent 61 % des emplois dans la région.

L’organisme a également contacté 26 différents groupes communautaires et organismes sans but lucratif (banque alimentaire, organisations d’événements culturels et sportifs, etc.) afin de vérifier l’apport des dons reçus en provenance des entreprises locales. Le montant compilé dépasse les 843 000 $.

«Si l’on tient compte que seulement 26 organismes ont été contactés – soit environ le tiers de ce qui existe dans la région – on peut croire sans l’ombre d’un doute que le montant réel est bien supérieur», indique Mme Thériault, ajoutant que les retombées économiques des activités financées profitent à toute la région.

Selon elle, le banquet devrait être répété l’an prochain, et ce, peut-être dans une autre forme.

«Cette année, notre idée principale était de rassembler tous nos entrepreneurs. À l’avenir, ce pourrait être similaire, mais avec des thématiques rattachées à chacune des soirées», poursuit-elle.

 

Entrepreneurs recherchés pour prendre la relève

Si le Centre d’Entrepreneuriat du Restigouche vise l’adoption d’un ton plus positif afin de changer l’image de la région, un fait demeure, la situation économique est toujours précaire.

Une réalité particulièrement inquiétante a d’ailleurs été observée par l’organisme au cours des derniers mois, soit le manque de relève aux entrepreneurs existants. Ainsi, une étude entreprise au début de l’année a révélé que 82 entreprises de la région risquaient de fermer leurs portes au cours des sept prochaines années, faute de relève.

«C’est un problème très grave. Mais d’un autre côté, c’est aussi une occasion en or pour les jeunes d’ici – et même d’ailleurs – qui voudraient se lancer en affaires», explique Mme Thériault-Guitard.

«Notre population vieillit, c’est un fait. Et ce que notre étude démontre c’est que la relève se fait de plus en plus rare et que plusieurs entreprises devront fermer leurs portes à cause de cela. On doit donc se préparer en conséquence et planifier la relève. Ça signifie inciter les gens d’affaires à faire leur devoir, soit à penser à ce qu’ils feront de leur commerce l’heure de la retraite arrivée. Ça veut aussi dire aller dans les écoles pour instruire les jeunes aux possibilités d’affaires qui se présenteront à eux», explique-t-elle.

Cette vision est partagée par Melissa Irvine, agente d’Entrepreneuriat Jeunesse.

«Les jeunes constituent les futurs employés, mais aussi les futurs employeurs. C’est pourquoi l’on travaille avec beaucoup de vigueur auprès de cette clientèle. Parents et entrepreneurs ont également une responsabilité en encourageant les jeunes à rester ici, et non à leur dire qu’ils doivent absolument quitter la région pour avoir du succès. Car c’est faux. Et les entrepreneurs que l’on a ici avec nous lors du banquet sont tous des preuves que l’on peut réussir chez nous», souligne-t-elle.