Le ministre Leonard dénonce et se moque des opposants au gaz de schiste

SAINT-JEAN – De passage dans la ville portuaire dans le cadre d’un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce de Saint-Jean, le ministre de l’Énergie et des Mines, Craig Leonard, a poursuivi sa croisade en faveur de l’industrie du gaz de schiste.

Vantant les vertus de cette industrie et minimisant le mouvement d’opposition à celle-ci, Craig Leonard affirme que la province et ses nombreuses industries ne peuvent tout simplement pas rater l’occasion d’aller de l’avant avec ces projets. Pour ce dernier, un nombre important d’entreprises pourraient bénéficier d’un approvisionnement énergétique à faible coût grâce au gaz de schiste.

«Chacun de ces projets représente un investissement de plusieurs milliards et des centaines d’emplois à long terme», a tenu à rappeler le représentant de la circonscription provinciale de Fredericton-Lincoln, à l’Assemblée législative.

«Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un problème d’approvisionnement en gaz. Notre principale source, au large de la Nouvelle-Écosse, est limitée. C’est problématique parce que la demande de gaz naturel a augmenté rapidement en Amérique du Nord et au Nouveau-Brunswick. Sans de nouvelles ressources en vue, ce problème ne va pas disparaître», a de plus affirmé le ministre dans un discours livré devant la communauté d’affaires et de décideurs de la région de Saint-Jean réunis au Centre des congrès de l’endroit.

«Cette pénurie affecte l’industrie actuelle d’une manière significative», d’ajouter Craig Leonard lors de son allocution d’une trentaine de minutes.

Tout comme l’ancien premier ministre Jean Chrétien, mardi soir, lors de son passage à Moncton, Craig Leonard a tenu à citer en exemple l’expérience américaine. «La réalité est que l’utilisation accrue du gaz naturel a conduit aux États-Unis à une diminution des émissions de gaz à effet de serre d’environ 15 % au cours des six dernières années».

Selon le ministre, la plupart des Néo-Brunswickois sont d’avis que l’extraction et l’exploitation du gaz de schiste peuvent être faites en toute sécurité. Questionné par les journalistes à l’issue de ce dîner-conférence au sujet de la contestation pancanadienne et des récents évènements survenus à Rexton, ce dernier s’est d’ailleurs livré à une sortie en règle face à ce mouvement de contestation populaire.

«Le gouvernement et les Néo-Brunswickois n’ont pas de leçon à tirer des gens de l’extérieur de la province qui disent non au développement énergétique. Il s’agit de nos ressources et de décisions qui reviennent à la population de la province».

Plus tôt lors de son allocution, Craig Leonard s’est même permis de ridiculiser les opposants à l’exploitation des gaz de schiste. Qualifiant les évènements de Rexton de journées noires, ce dernier a déniché moins sérieusement un nouveau surnom aux opposants. «Des «NIMBYs» (Not in my back yard), nous avons maintenant affaire aux «BANANAs» (Build absolutely nothing anywhere near anything) a ironisé le ministre devant les convives.