North American Forest Products nommée Entreprise de l’année à Saint-Quentin

SAINT-QUENTIN – Quelques mois après avoir effectué un retour dans le domaine de la foresterie, la compagnie North American Forest Products vient d’être nommée Entreprise de l’année à Saint-Quentin.

La compagnie, fondée à la fin des années 1960, a été honorée samedi lors du banquet de la Chambre de commerce de Saint-Quentin.

L’entreprise faisait jusqu’à tout récemment l’objet d’une interdiction (de cinq ans) d’opérer dans le secteur du bois d’oeuvre (sciage). Cette interdiction était le résultat d’une entente reliée à la vente, en 2008, de sa scierie de Saint-Arthur et au transfert des allocations sur les terres de la Couronne.

La compagnie a par contre toujours continué d’exister pendant cette période, notamment en raison de ses autres branches (quincailleries Rona et opérations de transformation du bois). «Après plusieurs années difficiles dans le domaine du bois d’œuvre, on semble voir une reprise à l’horizon. C’est une source de motivation et de confiance», explique le président de l’entreprise, Pierre Parent.

Celui-ci avait justement vendu au pire de la crise qui a frappé cette industrie.

«Notre intention a par contre toujours été de revenir (dans le secteur du sciage) une fois le délai expiré. On attendait aussi que la crise forestière s’estompe. Ce qui est bien justement, c’est que ça se produit après nos cinq années d’attente. On revient dans le bon moment, car on sent qu’il y a une reprise, surtout du côté américain qui est notre gros marché», indique M. Parent dont l’entreprise emploie aujourd’hui quelque 70 personnes.

Place aux femmes!

Fait particulier, les trois autres récipiendaires du banquet de la Chambre de commerce de Saint-Quentin sont des femmes. Celles-ci ont toutefois un autre point intéressant en commun: originaires de la région, elles ont chacune fait le pari de revenir travailler dans leur ville natale.

Lauréate du prix Jeune entrepreneure de l’année, la Dre Stéphanie Aubut est revenue à Saint-Quentin après avoir terminé son doctorat avec le désir d’y pratiquer la médecine familiale. Entrepreneure dans l’âme et apôtre de la saine alimentation, elle a décidé de se lancer en restauration en ouvrant un café «santé» à Saint-Quentin.

«Je trouvais qu’un petit café avec un cachet unique, c’est quelque chose qui manquait à Saint-Quentin. On en retrouve souvent dans les plus grandes villes, mais ici, je trouvais qu’il y avait un manque et, pourtant, beaucoup de potentiel», explique la docteure.

Le Karma Café a vu le jour il y a un peu moins d’un an, soit le 4 décembre 2012. Mme Aubut avoue par contre avoir suivi son instinct à fond dans ce projet.

«Je suis allée demander conseil à un entrepreneur et celui-ci m’a totalement découragée. Il disait qu’il fallait d’abord faire une étude de marché, que Saint-Quentin avait un trop petit bassin de population, que je visais une clientèle minoritaire (gens qui mangent santé) et que le domaine de la restauration roulait au ralenti actuellement. Mais dans mon cœur, je sentais que ça pouvait fonctionner, car je ne venais pas combler un besoin, mais plutôt créer un besoin», dit-elle.

C’est une autre docteure – plus précisément une denturologiste –, qui a reçu le prix de la Femme entrepreneure de l’année, soit la Dre Stéphanie Thériault de la Clinique dentaire Thériault. Diplômée en science santé, médecine dentaire et en implantologie, celle-ci avait également en tête de revenir pratiquer dans sa communauté.

«C’est très touchant de recevoir cette nomination de la Chambre de commerce de Saint-Quentin, car une chose a toujours été très claire dans mon esprit, c’était que j’allais revenir ici après mes études. Je me suis toujours dit que ce n’est pas parce que l’on vit dans une petite communauté que l’on devrait avoir droit à des soins et des services de moindre qualité», soutient-elle.

Partie vivre en Colombie-Britannique, Jocelyne Querry-Bossé a pour sa part décidé de revenir vivre auprès des siens à Saint-Quentin après le décès de son mari. À son retour, elle s’est lancée en affaires en ouvrant sa propre entreprise de préparation de sandwichs et qui deviendra La Sandwicherie.

Très active dans sa communauté, Mme Querry-Bossé a siégé au sein de nombreux groupes et organismes touchant pratiquement toutes les sphères (éducation, culture, tourisme, entrepreneuriat, conseil municipal, etc.). Elle est d’ailleurs en ce moment présidente du comité organisateur de la finale des Jeux des aînés de l’Acadie qui doivent se tenir l’an prochain à Saint-Quentin.

«Mon volet de bénévolat est éveillé depuis bien longtemps. J’ai compris l’importance de m’investir dans différents comités, car moi-même j’ai reçu de l’aide des gens pour différents projets, tant au niveau personnel qu’en affaire. Le bénévolat que l’on donne n’est souvent pas récompensé en terme d’argent, mais je garde de beaux souvenirs du don de mon temps», a-t-elle lancé à la foule, invitant au passage les gens d’affaires à suivre ses pas à s’investir dans leur communauté, qu’importe le champ d’intérêt. – JFB

Dépasser ses frontières

SAINT-QUENTIN – Cette année, le banquet de la Chambre de commerce de Saint-Quentin avait pour thématique «Briser nos barrières et dépasser nos frontières», des mots qui signifient beaucoup à Marc Beaulieu, président de l’organisme.

«On veut que nos entrepreneurs aient l’esprit encore plus ouvert. On aimerait qu’ils brisent la barrière de la peur qui les empêche souvent de se développer et qu’ils dépassent leurs frontières, qu’elles soient physiques (conquérir d’autres marchés) ou encore virtuelles (s’ouvrir aux médias sociaux). C’est ce message que l’on veut marteler tout au long de la prochaine année», souligne-t-il.

Par ailleurs, M. Beaulieu s’est dit passablement touché du fait que les trois femmes honorées lors du banquet ont décidé de revenir s’établir chez elles, à Saint-Quentin, après un exil forcé. «On oublie souvent que beaucoup de nos gens veulent revenir. Ils aiment leur coin de pays. C’est donc doublement important de les aider à développer leur entreprise et, au niveau de la population, de les encourager en achetant et consommant localement», dit-il. – JFB