La reprise se fera attendre au N.-B., selon Le Conseil économique des provinces de l’Atlantique

SAINT-JEAN – S’il n’en tient qu’au Conseil économique des provinces de l’Atlantique (CÉPA), il faudra s’armer d’un peu de patience avant de voir une reprise économique significative au Nouveau-Brunswick. C’est ce qui ressort principalement des discours et des discussions tenues jeudi à Saint-Jean, dans le cadre de Perspectives 2014, une conférence annuelle regroupant plusieurs leaders et experts de l’industrie et qui se tient durant la semaine un peu partout en Atlantique.

Chose certaine, la croissance économique en 2013 sera nulle dans la province, prévient le CÉPA, qui met surtout en cause la faiblesse du marché de l’emploi, la fermeture récente de la mine Brunswick et l’absence de projets majeurs pour expliquer le tout. Si les prévisions sont beaucoup plus optimistes pour 2014 et 2015, il faudra compter sur la reprise de l’économie aux États-Unis, affirment plusieurs.

Pour Alex Pourbaix, président énergie et oléoducs chez TransCanada Corp., il ne fait aucun doute que les entreprises de l’Atlantique devront tirer profit de la situation chez nos voisins du Sud. «L’économie américaine est l’une des plus innovatrices et vigoureuses dans le monde. Même s’il y a eu des difficultés dans ce pays au cours des dernières années, je ne serais pas de ceux qui miseraient contre l’économie américaine dans un proche avenir.»

Selon les économistes, les États-Unis, les principaux clients des Provinces atlantiques, devraient afficher un taux de croissance de 2,6 % en 2014, principalement grâce à la relance du secteur de la construction résidentielle. Un phénomène qui devrait surtout profiter à l’industrie du bois d’œuvre au Nouveau-Brunswick.

Toujours selon le Conseil économique des Provinces de l’Atlantique, la zone européenne devrait elle aussi connaître une croissance en 2014, après près de deux ans de récession. L’accord économique et commercial entre le Canada et l’Union européenne récemment signifié pourrait alors mener à d’importants débouchés pour les producteurs de fruits de mer de la province, qui en seraient les premiers bénéficiaires.

N’empêche qu’il faudra attendre un peu avant de voir au Nouveau-Brunswick les résultats de cette relance économique, qui devrait se faire sentir à travers le monde. «Nous prévoyons une baisse des projets d’investissements majeurs au N.-B. de l’ordre de 12 % l’année prochaine», prévient Fred Bergman, analyste principal des politiques au CÉPA.

L’organisme s’attend toutefois à une croissance du produit intérieur brut de 0,9 % et à une augmentation des exportations en 2014.

«Il y a moins de travailleurs dans la province, pas de croissance démographique, alors ça se traduit actuellement par une baisse des ventes au détail et des dépenses des consommateurs. On va lancer les dés et parier que les exportations seront en hausse l’an prochain, et à ce sujet, les prévisions économiques sont encourageantes», a tenu à expliquer en entrevue Fred Bergman.

Pour ce dernier, les projets d’oléoduc Énergie Est et d’expansion de la mine PotashCorp devraient aider grandement à relancer sous peu la situation économique de la province.