Assurance-emploi: «Le système ne répond plus à sa mission première»

OTTAWA – La Fédération canadienne des contribuables demande aux premiers ministres des Provinces maritimes d’appuyer les changements apportés au régime d’assurance-emploi par le gouvernement Harper et de cesser de défendre le système.

C’est le message principal du rapport Unmasking Employment Insurance: How EI Increases Unemployment and Steals Billions from Working Canadians, publié lundi matin par le regroupement de droite, de tendance libertarienne qui lutte en faveur d’une baisse des impôts et qui demande régulièrement des comptes aux gouvernements.

La fédération estime que l’assurance-emploi ne répond plus à sa mission première, qui est de servir les travailleurs qui sont temporairement sans emploi.

L’organisme demande plutôt aux travailleurs et à leurs employeurs de verser de l’argent dans un compte personnel spécial dont l’employé pourrait avoir accès seulement au besoin. À la retraite, l’argent non retiré permettrait de bonifier le fonds de pension du travailleur.

«L’assurance-emploi est un gâchis. Plutôt que s’accrocher à un système qui ne fonctionne pas, les politiciens doivent créer un système juste et équitable», affirme Kevin Lacey, directeur dans la région de l’Atlantique au sein de la FCC.

«C’est assez simple. Nous ne pouvons pas faire croître la région en encourageant les gens à travailler seulement pendant 14 semaines, dans une économie qui roule à l’année», ajoute-t-il.

La fédération rappelle qu’entre 2008 et 2010, les Provinces maritimes comptaient le pourcentage le plus élevé de «prestataires fréquents» au pays.

Le contenu du rapport est loin de faire l’unanimité. Guillaume Deschênes-Thériault, porte-parole du Comité d’action du Grand Moncton contre la réforme de l’assurance-emploi, y voit une attaque directe contre les chômeurs.

«Le rapport parle de l’assurance-emploi comme si c’est un privilège, mais je vois ça plutôt comme un mécanisme pour venir en aide aux gens qui ont moins de chance et qui perdent leur emploi. Ce n’est pas parce que vous êtes en Alberta ou ailleurs que vous ne risquez pas de perdre votre emploi et ça ne veut pas dire que la situation économique ne pourrait pas changer», dit-il.

Guillaume Deschênes-Thériault ne voit pas non plus d’un bon œil la proposition de la Fédération canadienne des contribuables de mettre sur pied un programme de cotisation individuel.

«Ce n’est pas très faisable. L’assurance-emploi, c’est justement une assurance. Il peut arriver parfois qu’une personne cotise pendant toute sa vie sans retirer de l’assurance-emploi, mais cette personne est chanceuse parce qu’elle n’a jamais connu de période de chômage.»

Jean-Claude Basque, militant au sein de la Coalition contre les compressions à l’assurance-emploi du Nouveau-Brunswick, est du même avis que son homologue de Moncton.

«Ils veulent complètement démanteler un programme national, accessible à tout le monde au pays, pour en faire un programme dont la responsabilité revient à l’individu. C’est le genre d’attaque qu’on fait contre les acquis des travailleurs que ce soit le chômage, les indemnités pour les accidents de travail et le salaire minimum. Ils essaient de réduire cette protection.»