Les Chalets Nid du Héron, Entreprise de l’année à Campbellton

CAMPBELLTON – En dépit d’une année de restructuration, l’entreprise touristique Chalets Nid du Héron de Charlo a remporté, mercredi soir, le titre d’Entreprise de l’année remis par la Chambre de commerce de Campbellton.

Marc Dubé, propriétaire des Chalets Nids du Héron, avoue avoir été quelque peu surpris de se voir attribuer cet honneur cette année. «Ça fait six ans que je suis avec les chalets et ça va assez bien. Par contre, je mentirais en disant que cette année-ci a été ma meilleure au chapitre financier. Les conditions économiques sont difficiles dans la région et c’est certain que ça affecte mon commerce. Que je reçoive ce prix cette année est un peu ironique, mais je l’accepte tout de même comme un hommage à la persévérance pour toute notre équipe», indique M. Dubé.

L’entreprise est constituée d’une vingtaine de chalets qu’elle loue en toutes saisons. En réponse au ralentissement de ses affaires cette année, M. Dubé a décidé de diversifier quelque peu ses opérations. Ainsi, il héberge depuis quelques mois la brasserie artisanale Shiretown. Il a également doté son édifice principal d’un pub, question d’offrir un service additionnel aux touristes qui louent les chalets, mais également pour attirer une clientèle locale. «Le tourisme va bien en saison, mais c’est lors des saisons mortes que ça tourne davantage au ralenti. Mais on s’est tournés de bord avec le pub. Ça n’a pas été évident. Dans mon cas, par exemple, je n’ai jamais tenu un bar, et il a fallu que je devienne barman», raconte-t-il.

Le prix de l’Entrepreneur-bénévole de l’année a, pour sa part, été décerné à Yves Dumais. Propriétaire du magasin Dumais Fruits et Légumes, il trouve le temps malgré tout de s’impliquer dans une multitude d’activités bénévoles et caritatives, que ce soit dans le domaine hospitalier, de l’éducation ou auprès de la jeunesse avec le Club Richelieu. «Si on veut avoir une communauté en santé, c’est l’affaire de tout le monde. Et ça passe par le bénévolat.

Première cette année au banquet, la Chambre de commerce a remis un prix d’Employé de l’année qui a été décerné à l’administrateur du village de Balmoral, Guy Chiasson. «Dans un village, tout fonctionne en équipe. Oui, je reçois un prix, mais ça se reflète sur plein de gens. Je dois dire aussi qu’à Balmoral, on a l’appui total du conseil municipal. Lorsqu’on est appuyés de la sorte par son conseil, c’est certain que c’est plus facile de réaliser des choses et de faire avancer des dossiers», a commenté le lauréat.

Finalement, le prix de la Femme entrepreneure de l’année est revenu à Lise Savoie, copropriétaire du Dépanneur Pik Quik et du Pik Quik lave-auto de Campbellton. Native de Kedgwick, elle a ouvert au début des années 1980 un dépanneur – le seul d’ailleurs – sur la rue Water à Campbellton. Toutes ses entreprises confondues, Mme Savoie emploie 23 personnes.

Miser localement

Pendant le banquet, Yves Gagnon, de la firme Gagnon Stratégix, a pris la parole à titre de conférencier. Il avait deux messages à livrer au public: saisir les opportunités et acheter localement. «C’est le temps de se prendre en main», a indiqué M. Gagnon. «Pour renforcer notre région, on doit saisir les occasions d’affaires qui se présentent, et le chantier naval prévu à Halifax. Je suis certain qu’on peut créer des consortiums entre entrepreneurs de la région, car ensemble c’est plus facile que seul chacun de son côté. Nous avons accès à un port, à un aéroport, un service ferroviaire, à des compagnies de camionnage. Il ne nous manque aucune infrastructure stratégique pour faire partie de la chaîne d’approvisionnement», explique le conférencier.

Son autre point: l’achat local. M. Gagnon croit fermement qu’il faut aussi soutenir notre économie régionale. «Il faut cesser de croire qu’il existe des endroits miracles pour faire des achats. Ceux qui croient par exemple sauver une fortune en allant magasiner à Bangor se trompent. Une fois que l’on calcule l’essence, la distance, le logement, le temps de déplacement, ce n’est pas vrai que l’on économise autant d’argent. Mais une chose est certaine par contre, on fait mal à notre économie locale, car cet argent, on ne le revoit pas», a-t-il lancé à la foule.