Les perspectives économiques semblent meilleures en 2014 pour le N.-B.

CARAQUET – Entre un dollar canadien en baisse qui favorise les exportations et les signes de relance aux États-Unis, les perspectives économiques pour le Nouveau-Brunswick semblent meilleures pour 2014 que l’année passée même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles.

«Cette année, les analystes s’entendent sur une croissance d’environ 1,5 % du PIB (produit intérieur brut), c’est encore très faible même si c’est mieux qu’en 2013 et si ça reste inférieur à ce que l’on prévoit pour le Canada dans son ensemble où la croissance devrait être de 2,5 %», précise André Leclerc, professeur d’économie de l’Université de Moncton, campus d’Edmundston.

Ce très léger regain d’optimisme est notamment dû à la valeur actuelle du dollar canadien. Il continue de se déprécier face au dollar américain et ne valait jeudi que 92,15 cents US, à son plus bas niveau depuis plus de quatre ans. Cette évolution favorise les entreprises qui exportent.

«L’économie du Nouveau-Brunswick est très dépendante des exportations en particulier vers les États-Unis, rappelle André Leclerc. Avec la baisse de la valeur du dollar canadien, c’est sûr que c’est une bonne nouvelle pour nos entreprises.»

Outre la dépréciation du dollar canadien, l’économiste voit deux autres raisons d’être un peu plus optimiste pour l’économie de la province. La première est la vigueur que semble retrouver l’économie américaine.

«Les dernières données sont meilleures que ce qui était anticipé du côté américain. Cet automne, on a observé une augmentation des mises en chantier des maisons unifamiliales et pour nos entreprises exportatrices de matériaux de construction c’est une bonne nouvelle», considère André Leclerc.

Il met aussi en avant les perspectives qu’offre le programme d’investissement en infrastructure pour lequel le gouvernement fédéral a annoncé qu’il donnerait des précisions en 2014. «Cela pourrait relancer quelques projets, mais ce n’est pas du court terme», précise néanmoins l’économiste.

Reste maintenant à savoir quel impact cette légère croissance va avoir en matière de créations d’emplois. Sur ce point, André Leclerc tempère son optimisme. «On comprend que dès que le PIB commence à augmenter cela devrait générer de l’emploi dans la province. Mais ne nous attendons pas cependant à des créations trop énormes d’emplois.»

Si les perspectives sont meilleures, on ne peut pas encore raisonnablement parler d’une réelle embellie économique. «Il reste toujours un gros nuage gris, rappelle l’économiste, c’est celui des finances publiques provinciales, cela reste un boulet important avec un déficit qui avoisine les 1,5 % du PIB.»

Du coup, même si 2014 est une année préélectorale il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement injecte des sommes énormes dans la relance de l’économie. Au contraire, «le gouvernement sera obligé d’adopter une approche assez stricte au niveau des finances publiques», poursuit l’économiste.