Développement économique: des bureaux régionaux peu connus

CARAQUET – Mis en place par le gouvernement provincial en avril 2013 pour remplacer les agences de développement économique du réseau Entreprise, les bureaux régionaux du ministère du Développement économique ont encore beaucoup de travail à faire pour se faire connaître auprès des entrepreneurs.

Douze nouveaux bureaux régionaux de développement économique ont ouvert leurs portes au Nouveau-Brunswick. Ils ont été mis sur pied pour remplacer les agences du réseau Entreprise. En 2012, l’Agence de promotion économique du Canada atlantique a annoncé qu’elle cesserait de financer ces agences en 2013.

Le gouvernement Alward espère décentraliser les services et faciliter l’accès aux programmes de financement provinciaux.

La stratégie de Fredericton vise six secteurs, soit les technologies de l’information et des communications, les sciences biologiques, la fabrication industrielle, l’aérospatiale et la défense, les produits forestiers à valeur ajoutée ainsi que les aliments à valeur ajoutée. Le gouvernement veut mettre l’accent sur l’importance de résultats tangibles et mesurables.

Lors d’un récent déjeuner-causerie de la Chambre de commerce du Grand Caraquet, Denis Roy, directeur du bureau du district du nord-est au ministère du Développement économique, a reconnu que les services de l’organisme gagnent à être connus.

«Je dis souvent que mes clients se trouvent dans les parcs industriels», affirme-t-il.

Les entreprises qui ont obtenu du financement l’ont surtout reçu par le biais de programmes comme celui de la croissance des entreprises du Nouveau-Brunswick (Growth NB) qui a pour but d’inciter les entreprises à profiter d’occasions de développement dans les secteurs économiques visés par Fredericton.

«En 2013, beaucoup de compagnies ont tenté de s’améliorer du point de vue de productivité, donc beaucoup ont fait des demandes pour avoir du financement pour les programmes de formation sur de nouveaux logiciels.»

Même si les bureaux demeurent peu connus par le grand public, il semble que ceux qui ont recours à ces services sont satisfaits.

Dans sa plus récente étude menée auprès de l’ensemble des entrepreneurs francophones de la province, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick a appris que 24 % des entreprises sondées ont utilisé les services du gouvernement.

Parmi elles, 62 % se sont dites satisfaites ou très satisfaites avec la rapidité du délai de l’obtention d’un rendez-vous et de la rapidité du service. Environ 70 % ont été satisfaites ou très satisfaites de la compétence du personnel.

«C’est très encourageant», remarque Anne Hébert, directrice générale du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Par contre, le constat chez ceux qui n’ont pas demandé de l’aide est assez mitigé.

«Chez les entreprises qui n’ont pas fait appel aux services, ce sont les mêmes commentaires qui reviennent souvent. Elles ne sont pas trop certaines des services offerts et elles ne savent pas si ça répond aux besoins, il y a un manque d’information.»

En plus de fournir des services aux entrepreneurs, les agences de développement économique avaient également le mandat de s’impliquer dans la communauté.

Entreprise Péninsule, à Tracadie-Sheila, était par exemple, responsable de l’organisation de Je reviens! J’y reste!, un événement qui tente de convaincre des jeunes de revenir dans leur région.

Si l’activité existe toujours, c’est grâce à la Corporation au bénéfice du développement communautaire (CBDC).

Frédérick McGraw, directeur général de la CBDC Péninsule acadienne, reconnaît que la dynamique a changé depuis les neuf derniers mois.

«Par exemple, Entreprise Péninsule était dans le même bâtiment que la CBDC, donc l’entrepreneur avait l’habitude de venir frapper à une même porte. Avec les bureaux de développement économique à Shippagan, il y a peut-être un travail à faire pour informer les gens que ce bureau est là maintenant.»

«Mais les gens qui viennent ne connaissent pas tous nos programmes. Notre but est de donner la bonne information. On va recommander aux gens de se rendre aux bureaux de développement économique si on voit que ça cadre.»