Avenir économique: un sondeur somme les entrepreneurs des Maritimes à «mettre leurs culottes»

MONCTON – Le spécialiste des sondages Don Mills demande aux entrepreneurs des Provinces maritimes de «mettre leurs culottes» et de s’occuper de l’avenir économique. En continuant dans la même voie, ils risquent de participer au déclin de la région.

Le président-directeur général de la firme de sondages Corporate Research Associations, Don Mills, s’inquiète des indicateurs financiers, qui pointent en majorité dans la mauvaise direction depuis quelques années.
Il rappelle, entre autres, que le PIB par habitant dans les Provinces maritimes a augmenté de 1 % par an au cours des cinq dernières années, ce qui est en deçà du taux d’inflation.  De plus, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont une faible croissance de la population et un vieillissement rapide.
Pour le PDG, «une économie qui stagne finit par être une économie morte. C’est ce qui m’inquiète le plus.»
M. Mills montre du doigt la dépendance de la communauté des affaires aux subventions gouvernementales. Les entreprises, surtout de moyenne et de grande taille, devraient viser l’autosuffisance et prendre plus de risques, comme le font celles de l’ouest du pays.
«En Alberta ou en Colombie-Britannique, par exemple, on conçoit un plan et on cherche un moyen de le financer, souvent de sources privées. Ensuite, on l’essaie», explique-t-il.
«Au Canada atlantique, on semble avoir peur du risque, a-t-il mentionné. Trop souvent, on cherche souvent de l’argent des coffres publics pour les diminuer (les risques).»
De plus, le taux de travailleurs du secteur public serait trop élevé par rapport à celui du secteur privé, selon M. Mills.
Il remarque que ce sont les fournisseurs de biens et de services qui créent la richesse. Par contre, comme ils ne sont pas assez nombreux et qu’il n’y a pas assez de richesse, «c’est très difficile pour les entreprises du Canada atlantique qui voient la région comme leur marché principal de croissance».
Le résultat, poursuit-il, est que les entreprises ne sont pas en mesure d’embaucher de nouveaux employés. Elles ne peuvent souvent pas, non plus, offrir d’augmentations de salaire.
La semaine dernière, M. Mills a fait un discours devant un groupe d’entrepreneurs à Moncton. Le message principal qu’il a voulu leur transmettre est que les Provinces maritimes doivent s’inspirer du succès de cette ville.
«Moncton a une très bonne réputation et a l’habitude de régler ses propres problèmes. La communauté est habituée de se rassembler pour trouver une bonne solution pour tout le monde. Cette attitude gagnante doit être implantée dans toutes les communautés du Canada atlantique.»
Don Mills incite aussi les gouvernements des Provinces maritimes à réduire leur dépendance aux transferts fédéraux, qui compteraient pour presque le tiers de leur budget.
Selon lui, les provinces de l’Ouest deviennent de plus en plus des puissances économiques. Elles vont bientôt revendiquer une réduction des subventions aux provinces de l’Est.