Croissance économique au N.-B.: le Conference Board revoit ses prévisions à la baisse

FREDERICTON – Le Conference Board du Canada revoit à la baisse ses prévisions de croissance économique pour le Nouveau-Brunswick en 2014.

Le think tank (groupe d’experts) canadien avait de bien mauvaises nouvelles pour le Nouveau-Brunswick dans son rapport sur les perspectives économiques des provinces publié jeudi.

Le Conference Board prévoit maintenant une augmentation du PIB provincial de 0,8 % au cours de l’année au lieu du 1,6 % anticipé l’automne dernier.

Les difficultés de l’industrie de potasse et du secteur manufacturier «vont freiner la croissance économique du Nouveau-Brunswick cette année», explique-t-on dans le rapport.

PotashCorp a déjà annoncé la fermeture de sa mine de Penobsquis en raison de la faiblesse du marché et les auteurs sont d’avis que l’entreprise de la Saskatchewan pourrait également réduire sa production à la mine de Picadilly récemment rénovée.

La fermeture annoncée de l’usine des Aliments Maple Leaf à Moncton et la perte de 460 emplois donnera également un dur coup à l’économie néo-brunswickoise selon le Conference Board.

Dans son budget 2014 présenté en février, le ministère prévoyait une croissance économique de 1,1 %, soit 0,1 % en dessous de la moyenne des prévisions du secteur privé.

La baisse anticipée par le Conference Board ne change en rien les plans du gouvernement, a confié le ministre des Finances, vendredi.

«Si on parlait d’une différence de 0,5 % ou 1 %, là ça aurait un impact important dans nos prévisions. Avec ce que l’on voit ici, nos objectifs vont demeurer les mêmes. Nos objectifs en terme de revenus et du déficit ne vont pas changer», a indiqué Blaine Higgs.

La Banque Royale du Canada (RBC) a elle aussi publié un rapport récemment et ses prévisions de croissance du PIB se situent toujours à 1,0 % pour le Nouveau-Brunswick, a rappelé le ministre.

Le critique de l’opposition en matière de Finances s’est montré beaucoup plus inquiet que son vis-à-vis du gouvernement à la lecture du rapport du Conference Board.

«Il n’y a aucun doute que l’impact direct d’une croissance économique moindre que le 1,1 % prévu par le ministre des Finances sera une perte de revenus», a commenté Roger Melanson

«Le ministre ne sera donc pas capable d’atteindre ses objectifs budgétaires ou il devra réduire encore une fois les dépenses et faires des coupes dans les services essentiels pour la population», a déploré le député libéral de Dieppe-Centre-Lewisville.

Le Conference Board et la RBC prévoient tout de même des jours meilleurs pour le Nouveau-Brunswick dès l’an prochain.

Le produit intérieur brut du Nouveau-Brunswick connaitra une croissance de 2,3 % en 2015 selon le Conference Board.

«Une croissance plus forte dans le secteur minier alors que la nouvelle chaîne de production de potasse sera opérationnelle et une croissance plus ferme dans le secteur manufacturier, la foresterie et le secteur des services en général l’année prochaine devrait contribuer à accroître progressivement la création d’emploi et la confiance des ménages», peut-on lire dans le rapport publié jeudi.

La prévision de la RBC est cependant plus modeste à 1,4 %. Le gouvernement prévoit quant à lui une croissance du PIB de 2,1 % en 2015.

La croissance de l’économie canadienne sera de 2,3 % cette année et de 2,4 % l’an prochain d’après le Conference Board. RBC entrevoit plutôt une croissance du PIB canadien de 2,5 % en 2014 et de 2,7 % en 2015.