Construction navale à Bas-Caraquet: un premier navire prêt à être mis à l’eau

BAS-CARAQUET – La relance de la construction navale à Bas-Caraquet se concrétise. Pour la première fois depuis 2006, un navire construit entièrement dans la Péninsule acadienne est enfin prêt à sortir de ses cales sèches et à être mis à l’eau.

L’inauguration du premier homardier de la série C. Robitaille 45, baptisé en l’honneur de feu Claude Robitaille, un pionnier de la relance de la construction navale à Bas-Caraquet décédé en avril, est prévue pour le 14 juin.

Comme le Bluenose l’a été au début du XXe siècle, l’ingénieur naval Jean-Jacques Cocagne pense que ce navire de 45 pieds va devenir un symbole de son époque.

«Avec la tête qu’il a et la manière dont il aborde le futur métier des pêcheurs, c’est un bateau qui correspond à une réalité économique. Il a une forte personnalité et avec la gueule qu’il a, il arrive au bon moment et au bon endroit pour remplacer les flottes actuelles. La plupart des bateaux ont une trentaine d’années», explique le Français d’origine.

Construit selon les normes de Transports Canada, le premier C. Robitaille 45 comprend cinq compartiments et une cale à poisson avec une cale à eau. La surface du pont de travail de 40 m2 permet de stocker jusqu’à 300 trappes.

La carène a aussi été conçue pour assurer une stabilité dans les vagues et mieux affronter de mauvaises conditions en mer. Avec son moteur d’une force de 430 chevaux, il peut atteindre une vitesse de 20 nœuds.

«Les gens ici sont habitués à de très gros bateaux avec de gros moteurs. C’est un peu comme la Chevrolet Corvette avec un gros moteur qui consomme beaucoup, mais qui ne roule pas tellement plus vite. Les gens ont du mal à comprendre qu’avec 430 chevaux qu’ils vont être capables d’atteindre 20 nœuds. Avec les bateaux traditionnels, il faudrait quasiment le double», dit Jean-Jacques Cocagne.

Malgré l’enthousiasme entourant l’inauguration de ce homardier, il est à se demander si l’industrie ne va pas tomber à l’eau. Construction navale Atlantique croit au fort potentiel de la construction navale à Bas-Caraquet et prévoit entamer la conception d’une deuxième embarcation sous peu grâce à une subvention de 275 000 $ du gouvernement provincial. Le renouvellement de la flotte de homardiers et de crabiers laisse présager un avenir positif dans la région.

«Il va avoir du travail, mais pas seulement pour les ouvriers. Il  va y a des postes administratifs, d’ingénieurs navals, de cadres, de dessinateurs. C’est notre premier bateau, mais après il y aura sans doute d’autres types de bateaux à développer.»