Industrie laitière: la Néo-Brunswickoise Dairytown fusionne avec la Québécoise Agropur

EDMUNDSTON – Les producteurs laitiers Dairytown Products du Nouveau-Brunswick et la coopérative québécoise Agropur fusionnent leurs activités. Le nouveau partenaire prévoit construire une nouvelle usine de transformation à Sussex.

De façon quasi unanime à plus de 99 %, les producteurs laitiers de Dairytown Products Ltd ont récemment voté pour ce regroupement. Plus de 80 % des 206 membres se sont prononcés sur l’éventuelle fusion.

Les détails de l’entente n’ont pas été dévoilés. Les deux parties confirment que toutes les autorisations réglementaires ont été obtenues. Le regroupement des deux entités est prévu pour le 30 juin prochain. Le journal a appris qu’Agropur s’engage à construire une nouvelle usine de transformation d’ici trois ans à Sussex.

À partir du 1er juillet, l’entreprise Dairytown Products fonctionnera sous le nom d’Agropur. Elle est un fournisseur de lait, de beurre, de fromage, de poudre de lait écrémé et de mélanges de poudre de lait. La compagnie procure du travail à 190 personnes avec son usine de Sussex.

«Les deux entités sont en bonne situation financière. Ça va leur permettre de consolider leurs acquis et de pouvoir miser sur leurs forces respectives dans la région de l’Atlantique. Agropur prévoit aménager de nouvelles installations en parallèle avec notre usine. Cette union va augmenter les capacités de production des producteurs néo-brunswickois tout en les rendant plus compétitifs dans un marché en constant changement», a souligné George MacPhee, vice-président de Dairytown Products.

L’entente est bien perçue par les producteurs néo-brunswickois.

«Cette fusion est une bonne chose pour l’industrie laitière au Nouveau-Brunswick. Ça va permettre d’augmenter notre présence sur les marchés», a analysé Marcel Daigle, porte-parole de la Ferme Daigle et fils de Baker-Brook.

«C’est une bonne entente pour les producteurs laitiers provinciaux. Nous entrons dans la grande famille d’Agropur. Par contre, rien ne va changer et nous ne constaterons aucune différence dans les façons de procéder», a mentionné Carole Cyr, représentante régionale de la Régie de la mise en marché du lait du Nouveau-Brunswick.

Pour le président d’Agropur, Serge Riendeau, cette alliance est une façon de réunir les actifs de transformation de deux entités et d’en garder la propriété entre les mains des producteurs-membres afin d’assurer la croissance de la coopérative.

Selon le chef de la direction d’Agropur, Robert Coallier, le paysage concurrentiel continue donc de se transformer dans l’industrie laitière.

«Grâce à un meilleur contrôle de notre approvisionnement en lait et à une capacité de traitement accrue, Agropur sera mieux à même de servir ses clients au niveau national pour le plus grand bénéfice de ses producteurs-propriétaires», a dit M. Coallier.

Il existe plus de 200 producteurs laitiers au Nouveau-Brunswick. L’organisme provincial de mise en marché se charge de répartir le lait de ses membres entre les trois transformateurs, soit Dairytown, Baxter et Northumberland. – GD

PERCÉE EN ATLANTIQUE

Avec cette fusion, la coopérative Agropur continue sa percée en Atlantique. En 2013, elle a également uni ses forces avec Farmers Dairy en Nouvelle-Écosse.

Dans un récent communiqué de presse, Agropur a laissé entendre que cette autre fusion était «hautement stratégique» dans son plan de croissance.

Fondée en 1938, Agropur coopérative a un chiffre d’affaires annuel de plus de 3,8 milliards $. L’entité regroupe plus de 3340 producteurs de lait et embauche plus de 6300 employés. Elle transforme plus de 3,3 milliards de litres par année dans ses 31 usines réparties en Amérique du Nord. Parmi ses marques commerciales, on trouve les produits Natrel, Québon, OKA, Sealtest et iögo.