Travailleurs étrangers temporaires: les PME déçues des changements

MONCTON – La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) déplore les changements entérinés par le gouvernement fédéral dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

La plupart des PME de l’Atlantique ne pourront désormais plus recourir aux travailleurs étrangers temporaires, dont elles ont pourtant énormément besoin, estime la FCEI par voie de communiqué. Vendredi dernier, le gouvernement Harper a annoncé des changements au PTET «qui ne tiennent aucun compte de certains secteurs importants de l’économie et régions entières du pays», accuse la FCEI. Il semble que les PME de l’Atlantique soient les plus durement touchées, ajoute l’organisme.

«Ces changements sont profondément troublants et constituent une réaction exagérée de la part du gouvernement fédéral alors que certains secteurs de la région souffrent déjà de graves pénuries de main-d’œuvre et de compétences, affirme Monique Moreau, directrice des affaires nationales à la FCEI. Il est consternant de voir qu’un gouvernement jusqu’ici favorable à la petite entreprise se montre insensible aux besoins des entreprises vulnérables de la région, comme celles des secteurs de la transformation de poisson, de l’hébergement ou de la restauration rapide.»

Parmi les modifications annoncées vendredi, mentionnons l’exclusion totale des secteurs de l’hébergement, des services de restauration et du commerce de détail dans des régions considérées comme ayant «un taux de chômage élevé», soit 6 % ou plus. Cela s’applique à la grande majorité de la région atlantique.

Les frais non remboursables qui s’appliquent aux demandes de travailleurs étrangers temporaires vont également grimper de 275 $ à 1000 $ par poste, et les employeurs seront forcés de fournir des documents beaucoup plus détaillés pour prouver qu’ils ont tout fait pour recruter des travailleurs locaux. Ces changements «ne font qu’alourdir les coûts pour les PME qui utilisent le PTET en vue de remédier à une réelle pénurie de main-d’œuvre», juge la FCEI.

«Il est inquiétant de constater que certains voient dans le PTET un moyen facile et bon marché de trouver des travailleurs. C’est complètement faux. En fait, quand on considère les frais du programme, les conditions de recrutement, les salaires à payer et les autres obligations financières, sans oublier la tonne de paperasse à remplir et la longue procédure administrative pour faire approuver une demande, il est insensé de croire que les propriétaires de PME préfèrent l’utiliser plutôt que d’embaucher de la main-d’œuvre locale», signale Mme Moreau.

Par ailleurs, les membres de la FCEI reconnaissent que le programme a connu certains problèmes, c’est pourquoi ils soutiennent fortement les mesures visant à assurer que les entreprises en font bon usage. Dans une lettre envoyée en mai au ministre Kenney, la FCEI a proposé plusieurs pistes de solution, telles que l’amélioration des voies d’accès au statut de résident permanent pour les travailleurs peu spécialisés et une application plus stricte des règles existantes. Le gouvernement n’en a malheureusement pas tenu compte, se désole-t-elle.