OTTAWA – Au moment où le dollar canadien reprend de la vigueur, contrecarrant ainsi les plans de la Banque du Canada, le moment est-il venu pour le gouverneur Stephen Poloz de dire «aux grands maux, les grands remèdes»?

L’augmentation de la valeur du dollar, passée de 88,66 cents US à la fin mars à environ 94 cents US au début juillet, ne semble pas si extraordinaire compte tenu du fait que le huard avait presque atteint la parité il n’y a pas si longtemps, mais elle va tout de même à l’encontre du projet économique de la banque centrale.

Et la hausse n’est peut-être pas terminée. Si les prix du pétrole continuent d’augmenter et que les données sur l’emploi de Statistique Canada sont aussi fortes que prévu la semaine prochaine, des analystes croient qu’on pourrait voir le dollar grimper au-delà de la barre des 95 cents dans les prochaines semaines.

L’économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Doug Porter, croit que c’est à ce moment que M. Poloz pourrait devoir agir.

Le gouverneur de la Banque du Canada a subtilement dirigé le huard vers le bas au cours de la dernière année, dans l’espoir d’aider les exportateurs à devenir plus concurrentiels dans les marchés étrangers, plus récemment en juin lorsqu’il a cité les risques liés à une inflation faible au moment où l’indice des prix à la consommation surpassait les cibles de la banque. M. Porter croit cependant qu’il est temps de se montrer un peu plus dynamique. Citant le gouverneur de la banque centrale australienne, qui aurait déclaré que le dollar de son pays avait une valeur «ridiculement élevée», M. Porter avance qu’il est peut-être temps de cesser de prendre des précautions.

L’aversion de M. Poloz envers un dollar vigoureux vient de son analyse voulant que l’économie canadienne doive se tourner vers l’exportation, particulièrement dans les secteurs manufacturiers de l’Ontario et du Québec. Un dollar plus faible signifie que les exportateurs pourront vendre leurs biens à des prix relativement moins élevés aux États-Unis, où sont achetés 70 % des exportations canadiennes.

La Banque du Canada rendra public son plus récent rapport sur la politique monétaire le 16 juillet et M. Porter croit que Stephen Poloz devra alors se montrer plus audacieux.

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