Le Nouveau-Brunswick est sur la bonne voie, selon Saillant

MONCTON – Le gouvernement libéral a reçu un appui de taille concernant le processus entamé mardi pour trouver des économies 400 millions $. L’économiste Richard Saillant affirme que, de façon générale, la province est sur la bonne voie.

«En ce moment, je pense qu’on est sur la bonne voie de manière générale. J’espère simplement que l’exercice va porter fruit», a mentionné à l’Acadie Nouvelle l’auteur de Au bord du gouffre?

Dans son livre publié en avril 2014, M. Saillant tire la sonnette d’alarme relativement à la santé financière du Nouveau-Brunswick. Il demande au gouvernement d’agir dans les plus brefs délais en haussant ses revenus et en réduisant ses dépenses.

La province aurait pris un pas dans cette direction, mardi, quand elle a annoncé qu’elle effectuerait un examen stratégique de ses programmes qui vise l’élimination du déficit.

«Ce sera intéressant de savoir quelle sorte d’équilibre qu’il y aura entre la réduction des dépenses et l’augmentation des revenus», a dit le directeur général de l’Institut canadien de recherche en politiques et administration publiques de l’Université de Moncton.

«Moi j’ai toujours argumenté pour faire face au défi de façon juste et équitable. Il faut agir sur tous les plans. Cela implique une génération de revenus supplémentaires par une hausse du fardeau fiscal. (Ça implique aussi) un examen des dépenses de façon à s’assurer qu’elles soient faites le plus intelligemment possible, tout en misant sur la croissance économique.»

M. Saillant estime que la voie la plus prometteuse et la plus efficace pour améliorer les revenus de la province est de rétablir la taxe de vente harmonisée (TVH) au niveau de 2006. Cette mesure pourrait se traduire par un gain pouvant atteindre 250 millions $

Il prévient cependant qu’une telle démarche devra prendre en considération la protection des citoyens moins bien nantis.«On reproche souvent qu’une hausse de la TVH pourrait affecter indûment les gens pauvres. Il y a des mécanismes qui sont possibles, par exemple les crédits d’impôt remboursables, pour s’assurer que ça ne frappe pas disproportionnellement les personnes démunies.»

Le gouvernement ne pourra pas, non plus, se priver d’une étude sur la possibilité de privatiser certains services et programmes publics.

«Je pense que c’est important d’examiner ces choses-là pour voir si c’est encore dans le mandat du gouvernement provincial, par exemple la société des alcools. (Le gouvernement doit) étudier la chose sérieusement de façon à voir si on peut faire les choses autrement, générer davantage de revenus, et peut-être mettre les dépenses sur la bonne voie.»

Dans le cadre de l’examen des program-mes, le gouvernement provincial effectuera une série de consultations publiques, dont les détails seront dévoilés cette semaine.

Le gouvernement ne doit pas céder aux pressions, prévient la FCEI

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) du Nouveau-Brunswick voit les efforts de Fredericton pour atteindre l’équilibre budgétaire d’un bon oeil.

Elle soutient cependant que le gouvernement provincial devra résister aux pressions provenant des groupes touchés des compressions s’il veut réussir à éliminer son déficit.

«Ce n’est jamais facile de procéder à des compressions. Il va probablement y avoir des pressions venant de toutes les directions pour que le gouvernement dévie de son objectif de trouver des économies au sein des ministères, des services et des programmes. Mais le gouvernement ne pourra pas se permettre de perdre de vue l’objectif d’équilibrer le budget, puis finalement de commencer à rembourser la dette provinciale», affirme Denis Robichaud, Directeur des affaires provinciales pour le Nouveau-Brunswick de la FCEI.

Plus de 96 % des membres de la FCEI du N.-B. ont affirmé qu’équilibrer le budget est «important ou très important». C’est pourquoi la fédération salue la décision du gouvernement libéral d’aller de l’avant avec un examen de ses programmes.

«On ne peut tout simplement plus repousser des décisions comme ça.»

«Si on n’est pas capable, en 2015, de payer les programmes et les services, comment pourra-t-on le faire dans 15 ou 20 ans? Le nombre de retraités va être plus important, les pressions sur notre système de santé seront plus fortes et on n’aura pas nécessairement l’aide d’Ottawa quand on pense aux paiements de transferts», s’inquiète M. Robichaud.

Alcools Nouveau-Brunswick

Victor Boudreau, le ministre responsable de l’Examen stratégique des programmes, a suggéré mardi que la province étudiera la possibilité de privatiser sa société des alcools.

Une porte-parole de la Société des alcools Nouveau-Brunswick confirme être au courant de la revue stratégique, mais explique qu’«il est trop tôt pour spéculer sur les résultats possibles de cette révision.»

«À 13,4 %, on a un des rapports de dépenses (par rapport aux revenus) les plus bas au pays. Nous travaillons constamment afin d’améliorer l’efficacité, et en même temps être un chef de file des ventes au détail axé sur le service à la clientèle», a ajouté l’agente de communication Marcelle Saulnier.

La privation complète ou partielle de régies d’alcools a eu lieu dans certaines provinces canadiennes, dont le Québec, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.