Chute du prix du pétrole: les travailleurs acadiens sont dans l’incertitude

FORT MCMURRAY – La chute du prix du pétrole crée un climat d’incertitude pour les Acadiens qui gagnent leur vie sur les chantiers de sables bitumineux dans l’Ouest canadien, mais pour l’instant, la situation est moins dramatique que l’on pourrait croire.

Suncor Énergie, l’une des plus importantes entreprises du secteur, a annoncé mardi la suppression de 1000 emplois et la diminution de 1 milliard $ en dépenses.

Le géant des sables bitumineux n’a pas été en mesure de confirmer à l’Acadie Nouvelle le nombre exact de Néo-Brunswickois qui sont touchés par cette annonce, mais la nouvelle est sans doute au cœur de la plupart des discussions dans les cafés de Fort McMurray et de Caraquet.

Angélina Gionet est originaire de la région Chaleur, mais aujourd’hui, elle est directrice de l’Association canadienne-
française de l’Alberta, section de Wood Buffalo. Elle a déménagé à Fort McMurray en 2006 pour rejoindre son mari. À l’époque, ses recherches d’emploi se sont avérées très fructueuses en peu de temps. Après seulement quelques jours, elle avait le choix entre cinq offres d’emploi.

Aujourd’hui, la recherche d’emploi est un peu moins évidente et les journées de travail sont devenues plus longues.

Les employeurs demandent de plus en plus souvent que les ouvriers du secteur pétrolier travaillent un minimum de 12 heures par jour. Cela ne comprend pas le trajet d’une heure pour se rendre au travail. La section des petites annonces dans le journal local abonde tout de même d’offres d’emploi.

Angélina Gionet reçoit régulièrement des appels d’Acadiens du nord du Nouveau-Brunswick qui sont à la recherche de renseignements.

«Je dis aux gens que c’est un temps difficile, le prix du pétrole est bas. Les gens restent un peu plus longtemps dans les bureaux, mais les gens réussissent toujours à se trouver un emploi.»

Guy Lanteigne, de Saint-Sauveur, travaille à Fort McMurray depuis plusieurs années. Pour lui, il est encore difficile de déterminer comment la chute du prix du baril affecte les emplois dans l’Ouest.

«Comme tout le monde, j’entends des ouï-dire comme quoi nos emplois seront affectés, mais d’un autre côté, je ne connais aucun travailleur qui fait le fly-in fly-out qui a perdu son emploi en raison de la faible valeur du pétrole. Je ne dis pas que ça n’arrive pas, mais je ne suis pas au courant. En ce qui me concerne, mon projet va de l’avant.»

Si Suncor Énergie a mis sur la glace certains projets de développement, d’autres continuent d’aller de l’avant.

«Je connais des travailleurs de notre région qui ont été embauchés à la mi-décembre sur un projet d’une durée de 3 ans. On se croise les doigts, mais il semble qu’il y a plus de peur que de mal pour l’instant.» 

SOUTIENT À LA FORMATION DES EMPLOYÉS AU N.-B.

Ottawa appuiera la formation des employés dans les entreprises du Nouveau-Brunswick par l’entremise d’un soutien financier annuel de 6,3 millions $ au cours des 36 prochains mois.

Les grandes lignes du programme Subvention canadienne pour l’emploi ont été présentées vendredi à Edmundston par le ministre fédéral, Bernard Valcourt, et son homologue provinciale, Francine Landry.

Dans le cadre de ce programme, l’aide financière maximale a été fixée à 15 000 $. Le ministre Valcourt a précisé que les employeurs pourront obtenir une subvention fédérale de 10 000 $ pour la formation de nouveaux ou d’employés actuels. L’entreprise devrait fournir le tiers des coûts qui s’y rattachent.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick administrera la subvention annuelle de
6,3 millions $. Le programme s’échelonnera jusqu’en 2017-2018. Les demandes de la part des entreprises sont maintenant acceptées. Un employeur pourra avoir recours plus qu’une fois au programme. La ministre Landry a dit croire que l’initiative allait susciter un engouement et qu’elle pourra mener à la création de nouveaux emplois dans la province.