La chute des prix du pétrole pourrait être néfaste pour les Provinces atlantiques

FREDERICTON – La chute des prix du pétrole pourrait nuire aux Provinces atlantiques malgré la baisse de l’exode des travailleurs vers l’Ouest canadien, prévient le Conseil économique des provinces de l’Atlantique.

Dans les deux années suivant la dernière baisse importante des prix du pétrole, en 2008, le nombre d’habitants des provinces de l’Atlantique émigrant vers l’Aberta avait diminué de 6000 annuellement.

La récente dégringolade des prix de l’or noir, 42 % en quelques mois, pourrait avoir encore le même effet cette fois selon les auteurs du rapport Atlantic Currents du Conseil économique des provinces de l’Atlantique.

La population de l’Atlantique pourrait même augmenter, ce qui signifierait du même coup une augmentation des transferts fédéraux calculés selon le nombre d’habitants. Les experts du conseil économique mettent cependant leurs lecteurs en garde contre cette conclusion hâtive.

Les revenus du gouvernement fédéral seront également en baisse de 4,6 milliards $ en 2015-2016, prévoient-ils.

«Même si les transferts fédéraux importants sont alloués selon le nombre d’habitants, l’impact net de la baisse des prix du pétrole sur les transferts fédéraux pourrait s’avérer négatif.»

«La baisse des revenus tirés des ressources naturelles pourrait faire baisser la capacité fiscale nationale moyenne par habitant et exercer une pression à la baisse sur la péréquation.»

La réduction de la croissance économique au pays aura également un effet sur l’augmentation du transfert canadien en matière de santé qui sera calculé selon la hausse moyenne du produit intérieur brut à partir de 2017-2018, rappelle le groupe d’analystes dans son rapport.

Une année 2014 difficile pour le N.-B.

Le Nouveau-Brunswick a connu «peu de points positifs» sur le plan économique en 2014 selon le conseil économique. «La plupart des indicateurs économiques ont été plus faibles ou en dessous du rythme de croissance national.»

La province a perdu 600 emplois l’année dernière et la croissance des revenus a été limitée à 1 %. Les emplois perdus se trouvaient surtout dans les régions de la Péninsule acadienne, du Nord-Ouest et de Fredericton tandis que les gains étaient surtout concentrés à Moncton et Saint-Jean.

Le marché de l’immobilier est demeuré «l’un des secteurs les plus faibles de l’économie du Nouveau-Brunswick» en 2014 avec une baisse de 20 % des mises en chantier par rapport à l’année précédente.

Les exportations du Nouveau-Brunswick ont baissé de 10 % en novembre en comparaison à douze mois plus tôt, en particulier le pétrole raffiné (-17 %). Les exportations de homards et de produits forestiers étaient cependant en hausse de 4 %.

Les auteurs du rapport ont souligné l’engagement du gouvernement d’investir davantage dans les infrastructures publiques ainsi que l’instauration d’un moratoire sur la fracturation hydraulique, sans toutefois émettre d’opinion sur l’impact économique possible de ces mesures.