L’économie du N.-B en mode croissance

FREDERICTON – La reprise de l’économie américaine et la faiblesse du dollar canadien profiteront grandement à la province au cours des prochains mois. Le Conference Board du Canada prévoit une croissance économique de 2,4 % au Nouveau-Brunswick en 2015.

«Les temps difficiles semblent être chose du passé» au Nouveau-Brunswick, écrivent les auteurs du plus récent rapport du Conference Board sur l’économie des provinces canadiennes. Après trois ans de stagnation, la province peut s’attendre à une augmentation de son produit intérieur brut (PIB) «bien au-dessus de la moyenne nationale» au cours des deux prochaines années.

Le groupe de recherche anticipe une croissance de l’économie du Nouveau-Brunswick de 2,4 % cette année et de 2,7 % l’an prochain.

«Ces prévisions optimistes se fondent en partie sur les attentes d’une reprise dans les industries productrices de biens et de gains décents dans le secteur des services», peut-on lire dans le rapport.

Le ministre des Finances du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, a salué la nouvelle dans une déclaration écrite.

«Ce n’est pas un secret que l’économie du Nouveau-Brunswick ne se porte pas bien depuis quelques années. C’est certainement une bonne nouvelle pour notre province.»

Le Canada devra plutôt se contenter d’une croissance de son économie de 1,8 % en 2015 et de 2,3 % en 2016.

L’industrie forestière sera responsable en bonne partie de la reprise économique provinciale en raison de l’augmentation de 20 % de la coupe de bois sur les terres de la Couronne consentie par le gouvernement et la promesse de J.D. Irving d’investir 500 millions $ dans ses moulins de pâte et papier.

La poursuite des activités de PotashCorp près de Sussex et la réouverture de la mine Caribou dans la région de Bathurst contribueront également à l’augmentation du PIB, selon le Conference Board.

Le secteur manufacturier profitera quant à lui de «la faiblesse du dollar canadien et de la perspective de croissance aux États-Unis».

Le Nouveau-Brunswick ne pourra cependant pas compter indéfiniment sur une croissance économique qui dépasse les 2 %, selon Marie-Christine Bernard. L’économiste du Conference Board s’attend à une croissance moyenne d’environ 1,5 % après 2017, lorsque d’importants projets auront été complétés.

Après avoir perdu 7000 emplois au cours des 7 dernières années, le marché du travail devrait enfin prendre du mieux au Nouveau-Brunswick. Après une baisse de 0,2 % en 2014, l’emploi augmentera de 0,4 % en 2015 et de 1,3 % en 2016 d’après le groupe de recherche, «sa meilleure performance depuis 2007.»

Le chômage devrait baisser à 8,4 % l’an prochain au Nouveau-Brunswick. Il était de 10 % en janvier.

L’augmentation du nombre de travailleurs et la baisse du prix de l’essence devraient faire croître les revenus disponibles des particuliers, et ainsi stimuler la consommation et le secteur des services, conclut le Conference Board.

Doit-on continuer à tenter de stimuler l’économie?

MONCTON – La croissance exceptionnelle que devrait connaître le Nouveau-Brunswick au cours des deux prochaines années, selon le Conference Board du Canada, amène l’économiste Richard Saillant à se demander si Fredericton devrait continuer de tenter de stimuler l’économie.

Lors de la campagne électorale, les libéraux ont promis de bonifier les investissements en infrastructures de 900 millions $ sur six ans. Cela retardera l’atteinte de l’équilibre budgétaire, désormais prévu en 2020-2021.

«Lorsqu’on veut stimuler l’économie, il faut se demander à quel moment on veut stimuler l’économie. Normalement, on veut stimuler l’économie lorsque celle-ci commence à perdre de la vitesse, pas lorsqu’elle se met à accélérer (comme cela semble être le cas à l’heure actuelle)», affirme le directeur de l’Institut canadien de recherche en politiques et administration publiques.

Il fait remarquer que les investissements prévus par le gouvernement Gallant pour relancer l’économie en retapant les routes et les ponts de la province sont bien moindres que le coup de pouce que constituent la baisse des prix du pétrole et la chute du dollar canadien.

De toute manière, dit-il, le gouvernement n’est pas en mode stimulus, comme le démontre son intention d’économiser jusqu’à 600 millions $ par année grâce à une révision stratégique des programmes. Une initiative qui mènera à l’augmentation des revenus et à la réduction des dépenses. – PRN