Saint-Quentin déterminée à redresser son économie

SAINT-QUENTIN – Aux prises avec un taux de chômage qui oscille aux alentours des 17 %, la communauté de Saint-Quentin, au Restigouche-Ouest, prend les grands moyens pour faire changer les choses.

Celle-ci fonde notamment beaucoup d’espoir sur Développement innovation Saint-Quentin – le DISQ –, un nouveau modèle d’organisme à caractère économique qui a vu le jour dans ce secteur spécifiquement pour renverser la vapeur.

«Ses créateurs – Léopold Ouellette et Jean-Roch Cayouette – trouvaient qu’il manquait cruellement de diversification économique dans le coin, surtout au niveau industriel qui est largement dominé par la forêt et l’agriculture. Mais si l’on veut revitaliser le milieu, créer des emplois et remplir notre parc industriel, il faut voir plus large et puiser dans les sous-secteurs», explique Luc Fournier, directeur général du DISQ.

Organisme de démarchage, le DISQ se démarque déjà d’une façon bien particulière, soit en étant financé tant par le secteur public que privé. «À notre connaissance, il s’agit du premier partenariat public-privé en développement économique et innovation en Atlantique», note M. Fournier, soulignant qu’une entente triennale doit être paraphée sous peu avec le gouvernement, solidifiant du coup les assises du DISQ tout comme sa pérennité. Avec près de 400 membres et 46 partenaires financiers, l’organisme est devenu un incontournable – un portail – dans le Restigouche-Ouest en matière de développement économique. «La différence majeure entre nous et les anciennes agences économiques (comme le réseau Entreprise), c’est que nous ne sommes pas commandités uniquement par le gouvernement et que l’on doit absolument avoir le pouls de notre secteur privé. Les besoins partent donc de la base et non l’inverse», indique M. Fournier.

Bien qu’en selle depuis 2011, le travail du DISQ ne fait réellement que commencer. Depuis sa création, il s’est jusqu’ici concentré à éplucher et à épurer la longue liste de projets et de dossiers possibles pour la région. «Au cours des derniers mois, on a créé une carte dénombrant toutes les opportunités d’affaires possibles ici. De plus de 140, on a réussi à ramener ce nombre à une quarantaine. Car c’est bien beau les idées et les projets, mais il faut qu’ils soient réalistes. Et on ne peut pas mener de front 140 projets de toute façon. Mais chose certaine, ce ne sont pas les possibilités qui manquent ici», souligne M. Fournier,

rappelant l’énorme potentiel inexploité au niveau touristique et les nombreux locaux commerciaux vides dans la région.

Le DISQ vient par ailleurs de mettre en ligne son site web où sont identifiés les sous-secteurs porteurs d’opportunités pour Saint-Quentin. Pour l’instant, aucune annonce ou «coupure de ruban» n’est encore attribuable à l’organisme. Mais selon M. Fournier, ce ne serait qu’une question de temps. «Certains projets sont très prometteurs et je suis persuadé que nous allons bientôt pouvoir effectuer des annonces très intéressantes», dit-il.