Économie au N.B.: le Sud dépend du Nord et vice-versa

EDMUNDSTON – Malgré leur éloignement des centres urbains provinciaux, les régions du Nord sont partie prenante de l’économie néo-brunswickoise. Et le Sud doit réaliser qu’il en a bien besoin.

Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) effectue actuellement une tournée des régions pour démontrer l’importance du Nord au sein de l’économie provinciale.

Selon les statistiques présentées par l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, le nombre d’emplois était à la hausse dans le Nord en 2014 par rapport à 2007 malgré une baisse de la population.

Avec environ 31 % de la population totale du Nouveau-Brunswick, le Nord génère 27 % du PIB (produit intérieur brut) de la province.

«Ça se rapproche de notre poids démographique», a-t-il fait remarquer.

À ce chapitre, 12 % des emplois dans le Sud et 11,8 % du PIB découlent des activités dans le Nord, a-t-il noté.

«Les défis du Nord ne sont pas uniques à la région, on les retrouve ailleurs. Mais la région tient son bout. L’économie est davantage axée sur la production de biens, mais elle devra s’orienter vers les services», a mentionné M. Desjardins.

INTERDÉPENDANCE

Le directeur général de la Chambre de commerce de la région d’Edmundston, Marc Long, s’attendait à de telles statistiques sur l’importance du Nord dans l’économie néo-brunswickoise.

«Mais il y a toujours des défis et il faut être aux aguets. Qu’on le veuille ou non, les chiffres démontrent qu’il y a une importante interdépendance entre le Nord et le Sud», a dit M. Long.

Le maire d’Edmundston, Cyrille Simard, croit que sa municipalité peut continuer à se développer même en étant éloignée des grands centres. Selon lui, les gens du Sud devront bien saisir l’importance des régions du Nord.

«Ça démontre toute l’interdépendance de l’économie néo-brunswickoise, que nous sommes complémentaires et que nous formons un tout. Il faut que les gens du Sud ainsi que ceux qui ont le pouvoir décisionnel comprennent et réalisent l’importance des régions du Nord dans le contexte global», a dit le maire Simard.

Pour se développer davantage, le Nord-Ouest devra continuer à miser sur ses forces et ressources, a-t-il indiqué.

«Il faut consolider nos acquis, travailler ensemble, aligner nos ressources et acteurs de développement ainsi qu’être visionnaires face au changement. Le Groupe des chefs de file découlant du Congrès mondial acadien 2014 est une occasion en ce sens», a-t-il ajouté.

Selon M. Desjardins, les régions du Nord n’échapperont pas au changement.

«Les régions du Nord sont en transition, elles sont condamnées à changer. Mais elles n’ont pas si mal réussi dans l’ensemble. Il y a plus d’emplois dans ces régions qu’il y a 25 ans qui ne sont plus uniquement dans les secteurs traditionnels. Et elles ont les atouts nécessaires pour faire cette transition», a-t-il mentionné.

Cette tournée du CÉNB se terminera par un arrêt à Campbellton, mardi.