Moncton réfléchit à un quartier idéal

La Ville de Moncton tente d’imaginer à quoi pourrait ressembler le secteur Humprey, à l’est de la municipalité, d’ici les vingt prochaines années.

Le voisinage du ruisseau Humprey se résume pour le moment à un espace boisé inexploité, fréquenté par de rares randonneurs. Dans le futur, il devrait présenter un tout autre visage: celui d’un quartier animé et moderne.

Le service d’urbanisme de la Ville travaille actuellement à dessiner l’avenir de ce terrain, situé entre la Transcanadienne et le chemin Shediac, aux abords du ruisseau Humprey. D’une superficie de 400 acres, il représente l’une des principales zones d’expansion de Moncton.

L’urbaniste Sébastien Arcand est chargé de tracer les contours de cette partie de la ville en plein développement. Plutôt que de la laisser grandir au goût des promoteurs immobiliers, il a pour mission de définir un plan directeur et un concept général.

«On a essayé de réfléchir à ce que serait un modèle idéal pour notre communauté. Ce qu’on entreprend est une première à Moncton, le fait d’avoir une idée globale de ce à quoi le quartier va ressembler avant qu’aucun développement n’ait commencé.»

La mise au point du plan est basée sur la concertation. Une première rencontre a eu lieu en janvier pour créer des groupes de réflexions intégrant les habitants qui ont été de nouveau sollicités le 11 juin. «C’était bien d’avoir les promoteurs et les résidants ensemble, pouvoir discuter d’un quartier désirable sans passer par la municipalité. Ça crée un dialogue qu’on ne voit pas tous les jours.»

Le plan, encore à l’état d’ébauche, tente d’intégrer de nouveaux principes d’urbanisme. Il prévoit par exemple l’établissement de plusieurs commerces de proximité. Le service souhaite mélanger différents types d’habitations, pour rendre l’endroit accessible à tous types de personnes et de budget.

Jim Scott, consultant du cabinet d’architecte Trace Planning and Design, participe également au projet. «L’idée c’est de créer un quartier où l’on puisse rester toute sa vie. Au cours du temps, une famille pourra élever ses enfants dans une grande maison puis se retirer dans un plus petit appartement.»

Les berges du ruisseau Humprey seront préservées et aménagées. Le quartier devra laisser une bonne place à la végétation et aux espaces verts. «Il aura un parc qui serait le noyau du quartier, un endroit où les gens se rassemblent», décrit Sébastien Arcand. La gestion des eaux pluviales, problème récurrent de la ville, n’est pas mise de côté. L’urbaniste propose de créer des bassins de rétention naturels, esthétiquement plus agréables.

«Le tout sera intégré à un réseau de transport bien pensé. Avant, on créait des grands blocs sans possibilité de traverser. On s’assure d’avoir des réseaux de sentiers pour encourager les gens à marcher jusqu’à l’école.» L’École Champlain, dont la construction a commencé en mai, devrait constituer le point de départ du futur quartier.

«Il faut répondre aux besoins, respecter les intérêts de chacun et trouver un juste milieu», conclut M. Arcand. «Pour un quartier durable, il faut prendre en compte les composantes économiques, sociales, écologiques.» Le projet final devrait être présenté au conseil municipal avant la fin de l’été. Les élus voteront plusieurs arrêtés de zonage réglementant l’usage des terrains.