Oliver juge qu’il est trop tôt pour parler de récession

Le ministre des Finances, Joe Oliver, croit qu’il est trop tôt pour dire que l’économie canadienne est tombée en récession.

Selon le ministre Oliver, le pays est en bonne position pour combattre ses problèmes économiques, mais il se trouve dans un environnement fragile et est exposé à des facteurs externes comme le prix du pétrole et les difficultés en Europe.

Le fait que la croissance économique des États-Unis se soit interrompue au premier trimestre atténue aussi la confiance des entreprises canadiennes qui misent sur leur potentiel d’exportation, a souligné le ministre.

La Banque TD a estimé lundi que le Canada se trouvait vraisemblablement en récession pour la première moitié de l’année, et elle a prédit que la Banque du Canada abaisserait ses taux d’intérêt la semaine prochaine.

Dans un discours livré mardi dans le cadre du Forum sur le leadership économique Australie-Canada, à Vancouver, Joe Oliver a affirmé que le Canada devait maintenir le cap économique afin de ne pas imiter la Grèce.

Il s’est par ailleurs dit confiant de voir l’Europe se tirer d’affaires et trouver une issue à la crise de la dette en Grèce.

 

Le déficit commercial du Canada se creuse

 

Le déficit commercial du Canada s’est creusé pour atteindre 3,34 milliards $ en mai, comparativement à 3,0 milliards $ en avril, ce qui augmente la probabilité de voir la Banque du Canada réduire son taux d’intérêt la semaine prochaine, ont estimé mardi des économistes.

Selon l’économiste Benjamin Reitzes, de la Banque de Montréal, la balance commerciale est en voie de se traduire par un déficit record pour le deuxième trimestre.

«Ce rapport vient s’ajouter à une série de faibles données ces derniers mois et laisse croire que le commerce ne sera pas aussi positif qu’on le prévoyait au début de l’année», a-t-il affirmé.

«À moins que nous obtenions un rapport sur le marché de l’emplois incroyablement positif ce vendredi, il y a de bonnes chances de voir le gouverneur (Stephen) Poloz abaisser les taux lors de la rencontre de la semaine prochaine sur la politique monétaire.»

La valeur des exportations canadiennes a reculé de 0,6 % en mai pour s’établir à 42 milliards $, a indiqué Statistique Canada, tandis que celle des importations a avancé de 0,2 % à 45,3 milliards $.

Les économistes misaient en moyenne sur un déficit commercial de 2,5 milliards $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Selon Statistique Canada, les volumes des exportations ont reculé de 2,5 %, tandis que leurs prix se sont accrus de 1,9 %. Du côté des importations, les volumes ont gagné 0,3 % pendant que les prix reculaient de 0,1 %.

«Dans l’ensemble, la faiblesse des volumes du côté des exportations inquiétera les marchés pour le produit intérieur brut de mai, même si nous nous attendons toujours à de meilleures nouvelles dans d’autres secteurs, comme celui du détail», a observé l’économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld.

La Banque du Canada fera son annonce le 15 juillet, et dévoilera du même coup la plus récente version de son Rapport sur la politique monétaire. La vaste majorité des analystes s’attendent à ce que la banque centrale réduise ses prévisions économiques, mais ce qu’elle fera avec ses taux d’intérêt reste plus incertain.