Les trains du CN et du CP commencent à freiner

Le ralentissement de l’économie canadienne et la faiblesse des volumes de charbon, de céréales et de produits énergétiques transportés pourraient empêcher les deux plus grands chemins de fer du pays d’atteindre leurs objectifs pour 2015, ont estimé lundi des analystes de l’industrie.

La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada et le Canadien Pacifique pourraient réduire leurs prévisions de bénéfice pour l’année lorsqu’ils dévoileront leurs plus récents résultats financiers trimestriels, la semaine prochaine.

Jusqu’à maintenant, le Canadien Pacifique (CP), établi à Calgary, visait une croissance d’au moins 25 % pour son bénéfice par action cette année, tandis que le Canadien National (CN), de Montréal, s’attendait à ce que celle-ci soit près de 10 %.

Mais la diminution des volumes de marchandises transportées ces derniers mois a convaincu plusieurs analystes de réduire leurs attentes pour le deuxième trimestre et a soulevé certaines inquiétudes en ce qui a trait au trimestre actuel, qui a débuté le 1er juillet.

L’analyste Fadi Chamoun, de BMO Marchés des capitaux, prévient qu’une «difficile saison de résultats» s’en vient, et ajoute qu’un redressement dans les volumes pourrait ne pas avoir lieu avant plus tard cette année ou même tôt en 2016.

Les volumes du CN ont diminué de 7,3 % au deuxième trimestre, ce qui était surtout attribuable aux reculs de plus de 10 % du côté du charbon et des céréales. Les volumes du CP ont pour leur part reculé de 5,8 %, minés par les céréales américaines, le pétrole brut et le transport intermodal intérieur.

Même si les cours du pétrole ont avancé d’environ 25 % au cours du trimestre, les volumes de brut transportés tardent à retrouver leurs niveaux normaux parce que des incendies de forêt ont forcé les gros producteurs comme Cenovus ou Canadian Natural Resources à interrompre leur production dans le nord de l’Alberta pendant environ deux semaines.

L’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, estime pour sa part que les perspectives du transport de brut par rail restent incertaines pour les deux chemins de fer, même si l’Association canadienne des producteurs pétroliers s’attend à ce que les livraisons avancent de 8 % cette année à 200 000 barils par jour, avant d’accélérer jusqu’à 600 000 barils par jour en 2018.