Acadia Rebar de Saint-Léolin forcé de fermer ses portes

Après deux décennies en affaires, Lionel Benoît, propriétaire d’Acadia Rebar, à Saint-Léolin, a été obligé de mettre la clé sous la porte plus tôt cette année. Des débiteurs lui doivent plus de 1 million $.

Acadia Rebar, ouvert en 1997, était l’un des principaux sous-traitants de Métaux Olympique – Olympic Metals, une compagnie de Caraquet qui s’est récemment placé sous la protection de la Loi sur la faillite et insolvabilité en raison d’une dette de 1,8 million $. Acadia Rebar se spécialisait dans l’installation de barres d’acier d’armature pour le renforcement du béton.

Au moment de sa fermeture, l’entreprise de Saint-Léolin pouvait compter sur plus de 200 employés, dont la majorité était originaire de la Péninsule acadienne. Il offrait des salaires de 70 000 $ à 150 000 $ par année grâce à des contrats lucratifs dans l’Ouest canadien et ailleurs au Canada.

Les derniers mois ont toutefois été difficiles pour Lionel Benoît. Des débiteurs d’un peu partout lui doivent plus de 1 million $. Il attend toujours plus de 800 000 $ de Métaux Olympique pour des travaux effectués sur le parc éolien à South Canoe, en Nouvelle-Écosse.

Il a entamé des procédures judiciaires et le dossier est entre les mains d’un syndic.

«J’ai été obligé de fermer parce que trop de monde me doivent de l’argent, mais je ne peux pas blâmer Olympic Metals. D’autres compagnies m’ont fait du tort.»

Il attend plus de 100 000 $ pour des travaux réalisés sur un projet de plus de 100 millions $ à Barrie, en Ontario, menés par le Mady Group, une entreprise de Windsor, en Ontario, qui frise la banqueroute.

C & T Reinforcing Steel, une autre entreprise ontarienne qui a été vendue en 2014 au groupe AGF, du Québec, lui doit 333 470 $.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Lionel Benoît n’en veut aucunement à la direction de Métaux Olympique. L’homme d’affaires qualifie même la compagnie comme étant l’une des meilleures dans son domaine au pays.

«Je ne suis pas rancunier. J’aurais dû être payé, oui, mais ils ont fait ce qu’ils avaient à faire pour aider leur compagnie. J’ai de la peine pour Livain (propriétaire de Métaux Olympique), parce que quand tu as une entreprise, c’est comme mettre un enfant au monde. Quand tu es en difficulté, c’est comme perdre son enfant.»

«C’est plus triste qu’autre chose. Il y a des gens qui ne travaillent plus et qui dépensaient dans la communauté. Si trop d’entreprises ferment de même, ce n’est pas bon.»

Lionel Benoît pense que le ralentissement économique dans l’Ouest canadien est en partie responsable des problèmes financiers de son entreprise et de ses créanciers.

«Je vais te l’expliquer de façon simple. Si les gros mangent bien, tout le monde en dessous mange aussi. Si les gros commencent à souffrir, tout le monde en dessous souffre aussi.»

Malgré les difficultés, l’entrepreneur âgé de 50 ans ne craint pas pour son avenir. Il compte profiter des prochains mois pour se remettre sur pied. Après, qui sait? Peut-être qu’il se lancera de nouveau en affaires. L’important c’est de pouvoir miser sur une bonne santé, dit-il.

«Je sais que je vais trouver autre chose. Je suis allé voir mon docteur l’autre jour et il m’a dit que j’étais correct!»