Triple podium pour les Brasseurs du Petit-Sault

Trois produits des Brasseurs du Petit-Sault d’Edmundston ont composé le podium dans la catégorie des bières de type belge de spécialité lors du Grand prix de la bière Atlantique en fin de semaine à Halifax. Fait à souligner, deux d’entre elles n’étaient pas encore sur le marché avant la tenue du concours.

La toute nouvelle dubbel Simonet Hébert, lancée dans le cadre de la Semaine de la PME, a remporté la médaille d’or. Son nom rend hommage à l’un des premières personnalités d’affaires de la région.

Sa bière Buckdjeuve, une saisonnière lancée pour la période des Fêtes l’an dernier, a décroché la médaille d’argent. Elle reviendra sur le marché en novembre.

La troisième position dans cette catégorie est allée à la Maxime Albert. Cette triple belge sera lancée en décembre. Ce défunt personnage est associé à la contrebande d’alcool dans les années de la prohibition.

«Nous voulons offrir des bières de qualité, jour après jour. Nos produits figurent bien dans des compétitions autant en Atlantique qu’au Canada», a dit le directeur général, André Léger.

La microbrasserie a décroché deux autres médailles de bronze dans des compétitions du genre, soit pour sa Bob LeBoeuf lors du Atlantic Beer Awards en 2014 et La Kedgwick au Grand prix canadien de la bière 2015.

 

Expansion en vue

 

Les Brasseurs du Petit-Sault ont célébré leur premier anniversaire en juin.

Ils ont lancé 16 bières sur le marché dont certaines ne sont que saisonnières. Ses installations sont situées dans l’ancien poste de police de la Ville d’Edmundston sur la rue de l’Église. Sept employés, dont cinq à temps plein, travaillent.

«Nous planifions une expansion afin de doubler notre capacité de production. Ça devrait se concrétiser au printemps 2016», a indiqué le directeur général des Brasseurs du Petit-Sault alors qu’il était l’orateur-invité du dîner mensuel de la Chambre de commerce de la région d’Edmundston, lundi, lors du lancement de la Semaine de la PME.

Le modèle d’affaires de la microbrasserie, une corporation par action, rassemble 82 investisseurs qui ont injecté un montant minimum de 500 $. Cette formule a permis d’amasser plus de 275 000 $.

«Ça pouvait sembler un projet fou au départ. C’est un nouveau modèle de financement qu’on a mis en place. L’aspect financier d’un projet est souvent le plus important et les choses ont bien fonctionné», a rappelé André Léger.

 

Une histoire d’amour

 

Depuis le lancement du tout premier produit en juillet 2014, les Brasseurs du Petit-Sault ont reçu l’appui de la communauté. Jusqu’ici, les ventes rencontrent les objectifs des actionnaires avec plus de 200 000 bouteilles vendues au Nouveau-Brunswick et 70 000 litres en fût.

D’ailleurs, plus de 40 % des ventes se font à sa Brouetique. En plus de la vente en bouteille, plus de 18 000 remplissages de cruchons ont été effectués.

Les étiquettes humoristiques des produits des Brasseurs du Petit-Sault font aussi partie de leur marque de commerce.

«Nous proposons des bières qui racontent l’histoire de notre région, et qu’on a le goût de boire. Les gens semblent nous avoir adoptés et ça, c’est très important pour notre réussite. Ils sont fiers de nos produits et sont nos meilleurs ambassadeurs en les amenant partout avec eux. Nous visons les marchés de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Edouard en 2016», a-t-il ajouté.

Selon André Léger, la Louis XVII est le plus gros vendeur.

 

Des barrières qui freinent le développement de l’industrie

 

Certaines barrières, dont la situation de quasi-monopole d’Alcool NB, empêchent les brasseries artisanales de pouvoir prendre de la croissance dans la province, selon André Léger.

Les Brasseurs du Petit-Sault font partie de l’Association des produits d’alcool artisanaux du Nouveau-Brunswick (APAANB). L’organisme souhaite des changements dans les règles du marché étant donné qu’Alcool NB régit la production et la distribution d’alcool dans la province.

«Alcool NB a beaucoup de pouvoir et d’influence sur le gouvernement. Mais les réalités dans le domaine de la bière, par exemple, ont changé avec l’arrivée de nouveaux joueurs. On doit s’y adapter et modifier les règles du marché, qui sont devenus désuètes, afin de nous permettre de développer notre industrie», a souligné le dg des Brasseurs du Petit-Sault.

Selon lui, la bureaucratie gouvernementale est une autre barrière à la croissance des entreprises de ce genre.

«Nous voulons installer une enseigne sur l’autoroute pour faire notre promotion. Mais on doit discuter avec deux ministères, ceux du Transport et du Tourisme. Ce n’est pas toujours facile», a-t-il expliqué.