Une nouvelle source d’oméga-3 testée à l’Université de Moncton

Des chercheurs de l’Université de Moncton tentent de déterminer si une nouvelle huile végétale conçue à partir de la graine d’une plante sauvage est une bonne source d’oméga-3.

L’an dernier, des scientifiques de l’Université de Moncton ont mené une étude dans laquelle l’huile de Grémil des champs (Buglossoides arvensis) a été consommée pour la première fois par des êtres humains.

Cet automne, l’équipe, menée par le professeur Marc Surette et la chercheuse Natalie Lefort, deux membres du Département de chimie et de biochimie, poussera plus loin l’analyse. Elle mesurera sur 80 cobayes l’effet de l’huile végétale sur le taux d’acide gras oméga-3 et sur les fonctions du système immunitaire.

«L’huile est une source d’acide gras oméga-3 de chaîne plus courte que ceux qu’on retrouve dans le poisson. On cherche à voir si le corps peut convertir cet acide gras oméga-3 en acide gras oméga-3 qu’on retrouverait dans le poisson», explique Mme Lefort.

Le Grémil des champs est une plante sauvage originaire de l’Europe et de l’Asie, ajoute-t-elle. La plante se retrouve également dans des champs d’agriculture au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande.

Les scientifiques travaillent en collaboration avec une entreprise américaine, Technology Crops International. Le spécialiste en exploitation et en transformation de produits agricoles a l’intention de semer la plante sauvage dans une installation située à Kensington, à l’Île-du-Prince-Édouard. Elle a déjà embauché une trentaine d’employés dans la province.

Avant de passer à l’étape commerciale, l’huile végétale doit être reconnue par Santé Canada comme un produit de santé naturel. C’est vers cette fin qu’oeuvrent les chercheurs de la Faculté des sciences.

Une quarantaine de personnes se sont déjà engagées à prendre part à leur étude. Ils ont besoin de 80 participants au total.

Selon la Dre Lefort, certains critères compliquent la recherche de participants. À titre d’exemple, ils ne doivent pas avoir consommé de poissons gras, comme le saumon, le hareng et la sardine, plus de deux fois dans le dernier mois. De plus, ils doivent aussi s’abstenir de manger des poissons, crustacés et autres fruits de mer pendant les six semaines de l’étude.

«Ces critères éliminent une à deux personnes sur cinq qui nous approchent», précise la chercheuse.

«La population étudiante est enthousiaste. Elle est motivée à contribuer à l’avancement de la science. Les gens de l’extérieur de l’université sont aussi excités à participer à une recherche de la sorte, car elles sont relativement rares dans les Provinces atlantiques.»

Les participants consommeront quotidiennement une petite quantité de l’huile végétale à la cuillère ou en l’ajoutant à leur nourriture pour une période de quatre semaines. L’étude comprend quatre visites avec prises de sang et analyse d’urine.

«On étudie les effets de dose. On a trois groupes, qui auront trois différentes doses, plus un quatrième groupe qui aura une huile contrôle, soit une huile de tournesol.»

Les personnes intéressées à participer peuvent communiquer avec Mme Lefort par téléphone, au 858-4139, ou par courriel (omega3@umoncton.ca). Lors de chaque visite, les participants reçoivent une compensation financière de 20 $, pour un total de 80 $.