Le Fils du Roy s’étend au Québec

Après le Nouveau-Brunswick, la distillerie Fils du Roy est à la conquête du Québec. Le Gin Thuya connaît un franc succès dans la belle province.

Plusieurs raisons ont poussé la distillerie acadienne, basée à Petit-Paquetville, dans la Péninsule acadienne, à établir une branche québécoise de l’entreprise. L’une d’entre elles est d’être en mesure de mieux servir ce marché.

«Le Canada signe plusieurs ententes de libre échange avec plusieurs pays et c’est beaucoup plus facile d’exporter un produit dans ces pays, comme la Corée du Sud où je suis allé pour une mission. Il y a par contre un grand défi quand vient le temps de vendre à l’intérieur de notre fédération canadienne. C’est très fermé (entre les provinces). En ouvrant une distillerie à Saint-Arsène, ça nous a permis d’avoir accès au marché québécois», a expliqué Sébastien Roy, copropriétaire de la distillerie.

Depuis que la distillerie s’est installée au Québec, à Saint-Arsène, près de Rivière-du-Loup, elle a bénéficié d’une grande visibilité. Le quotidien La Presse a parlé de Fils du Roy, tout comme les magazines Ricardo et Chatelaine.

Depuis juin, les commandes placées par la Société des alcools du Québec (SAQ) s’enfilent. Cinquante caisses de Gin Thuya, provenant du Nouveau-Brunswick, ont d’abord été commandées. Une deuxième commande de 100 caisses, produites au Québec cette fois-ci, a été passée et une troisième arrivera bientôt.

Le frère de Sébastien, Jonathan, opère la distillerie Fils du Roy au Québec. L’accès aux succursales de la SAQ a pris un peu plus de temps et, contrairement au Nouveau-Brunswick, il ne pouvait vendre ses produits sur son lieu de production. Maintenant que les portes de la société québécoise sont ouvertes, les affaires roulent mieux.

«Ça fonctionne bien. On a déjà deux produits d’approuvés par la SAQ et un troisième qui est demandé. Ça va quand même assez bien. La SAQ, c’est une grosse société d’État. C’est assez complexe d’avoir accès aux rayons de la SAQ», a souligné Jonathan.

Les frères s’intéressaient au marché de la belle province depuis un bon moment. Les Québécois aiment bien le gin, d’après leurs recherches. Le Gin Thuya de Fils du Roy a remporté plusieurs prix au cours des années. C’était donc le produit tout indiqué pour s’attaquer au marché de la province.

«Le Québec est le deuxième plus gros consommateur de gin après les Pays-Bas, selon des recherches que j’ai faites. Donc, c’est un grand marché», a avancé Sébastien.

Les produits québécois du Fils du Roy seront un peu différents de ceux fabriqués au Nouveau-Brunswick. Les distillateurs espèrent utiliser des produits du terroir de la province où sera fabriqué l’alcool. Le Gin Thuya, par exemple, aura un goût différent puisque l’eau, entre autres, provient d’une autre source.

«C’est définitif, parce que 55 % du gin, c’est de l’eau et 45 % c’est de l’alcool. L’eau du Nouveau-Brunswick et l’eau du Québec sont différentes, donc il y a plus que la moitié du produit qui est d’une source différente», a expliqué Sébastien.

En plus du marché québécois, la distillerie acadienne tentera bientôt de percer en Europe. Elle essaiera d’y faire connaître son gin en participant à des compétitions.

«Ça fait deux ans que nous n’avons pas participé à des compétitions, mais nous sommes à nous préparer à faire une lancée en Europe. Nous aurons un gin conçu spécialement pour l’Europe. Nous allons nous inscrire dans de nouvelles compétitions et notre première sera en Allemagne», a dit Sébastien.

L’entreprise familiale semble donc sur la bonne voie. D’autres produits sont d’ailleurs en préparation, dont une bière qui rendra hommage au North Shore Regiment qui sera à point pour le 11 novembre.