De jeunes professionnels expatriés se laissent séduire par l’idée de revenir chez eux

La 13e rencontre «Je reviens! J’y reste!» a attiré 14 jeunes, samedi, à Inkerman. Tous sont déterminés à rentrer après leurs années d’études pour vivre et travailler dans la Péninsule, leur région d’origine. D’après certains experts, les possibilités professionnelles sont réelles.

Éliane St-Pierre est originaire de Saint-Isidore. Elle vient de terminer un baccalauréat en traduction au Québec. Elle pense désormais à fonder une famille et entamer une carrière. Pour elle, il n’y a pas d’autres endroits que la Péninsule acadienne où elle souhaite mener sa vie future.

«J’ai vécu sept ans à Montréal et je désire revenir. Il y a ici moins de stress, des paysages, la qualité de l’air et les gens sont plus gentils», expose-t-elle.

Pour l’aider dans sa démarche, elle a participé au rassemblement «Je reviens! J’y reste!» organisé annuellement par l’antenne locale de la CBDC (Corporation au bénéfice du développement communautaire).

Cette initiative, mise en place il y a 13 ans, vise à favoriser le retour de jeunes partis étudier dans de grands centres urbains. L’édition 2016 s’est déroulée samedi, au centre communautaire d’Inkerman. Éliane St-Pierre n’est pas la seule à avoir pris part à ce rendez-vous. Treize autres personnes s’étaient inscrites.

«D’année en année, on se retrouve face à des participants qui ont une envie farouche de rentrer chez eux et d’y vivre», indique Suzane Arsenault, la coordinatrice de l’opération.

La raison première qui les incite à faire ce choix est la volonté de se rapprocher de leur famille dont les membres les plus proches (parents, grands-parents, frères et sœurs…) sont encore établis sur place.

«Ma fille a eu 3 ans. J’aimerais qu’elle grandisse auprès des siens. Depuis qu’on l’a, on pense à revenir», atteste Dion Albert, né à Caraquet, présentement installé à Moncton et diplômé en génie civil.

Tina Sonier, de Rivière-du-Portage, sait qu’un tel retour aux sources aura des répercussions sur sa vie professionnelle. La jeune femme domiciliée à Mont-Joli, au Québec, et spécialisée dans la biologie marine a une bonne situation. Elle travaille pour le ministère Pêches et Océans Canada.

«Je sais que dans la Péninsule, j’aurai un avancement et des occasions d’emplois limités, ainsi qu’un salaire moins élevé, mais j’aurai ici une meilleure qualité de vie. L’argent ne fait pas le bonheur.»

Samedi Éliane, Dion, Tina et les autres ont participé à plusieurs activités, notamment à des rencontres avec plusieurs employeurs potentiels au cours desquelles ils se sont présentés et ont échangé leurs coordonnées.
«Le réseautage, c’est la clé», souligne Suzane Arsenault.

Ils ont également assisté à des conférences animées par des intervenants qui ont réussi le processus qu’ils rêvent d’accomplir, par exemple Janie Landry, propriétaire du café-boutique Aloha à Lamèque, ou Pierre Cormier, à la tête du magasin d’électronique automobile Audio Concept Plus à Paquetville.

«C’est encourageant. Ça fait du bien de les entendre nous raconter leur parcours. Ça nous montre que c’est possible», s’enthousiasme Éliane St-Pierre.

Selon la coordinatrice, le contexte économique est favorable.

«Le chantier naval à Bas-Caraquet crée des emplois. Il y a des postes à pourvoir dans les domaines de la menuiserie, de l’ingénierie ou de l’administration. Et des départs à la retraite dans les instances publics, qu’il va falloir remplacer, sont à prévoir», liste Suzane Arsenault.

Près de 300 jeunes ont suivi le rassemblement «Je reviens! J’y reste!», depuis sa première année, en 2003.
«Cinquante-et-un pour cent d’entre eux sont revenus comme ils le voulaient. Cela démontre le bien-fondé de notre initiative», conclut-elle.