L’architecte Jacque Boucher reconnu au niveau national

Même si vous ne connaissez pas Jacques Boucher personnellement, il y a de fortes chances que vous connaissez son architecture.

Au début juin, l’architecte originaire de Bas-Caraquet a été intronisé au Collège des fellows de l’Institut royal d’architecture du Canada lors d’une cérémonie à Nanaimo, en Colombie-Britannique. Une quarantaine d’architectes des quatre coins du pays ont reçu la même distinction cette année.

Selon l’Institut royal d’architecture du Canada, le titre de fellow a pour but de reconnaître la contribution remarquable d’un architecte à la profession.

«C’est une reconnaissance plus qu’autre chose. C’est un titre prestigieux!», dit Jacques Boucher.

Au cours des quarante dernières années, Jacques Boucher a apporté sa touche personnelle au paysage architectural du Nouveau-Brunswick en concevant plusieurs édifices y compris des écoles, des foyers de soins, des hôpitaux, des salles de spectacles et des édifices à bureaux. Le Centre K.C Irving, à Bathurst, l’Université de Moncton, campus de Shippagan et le Carrefour de la mer, à Caraquet font partie de ses réalisations. Il a aussi été impliqué dans le développement des phases 1 et 2 du Village Historique Acadien.

Son plus récent projet? La conception des plans de la nouvelle annexe de cinq étages de l’Hôpital régional Chaleur de Bathurst.

«C’est un projet énorme et j’en suis très fier. C’est très bien pour terminer une carrière», confie l’homme âgé de 64 ans.

Jacques Boucher s’intéresse à l’architecture depuis son enfance.

«Mon père était charpentier et il travaillait au chantier naval. Il m’a toujours appelé son architecte et ça m’est resté dans la tête. Mon père était très habile et il était un artiste. Il nous apportait du bois en quantité et on bardassait avec des outils. J’ai grandi de cette façon.»

Dès son plus jeune âge, il avait l’occasion d’admirer l’église de son village natal de Bas-Caraquet, un projet Nazaire Dugas, le premier architecte acadien. Aujourd’hui, M.Boucher est impliqué au sein du comité de sauvegarde de l’église.

«Je pense que c’est un bâtiment qu’il faut absolument conserver parce que l’architecture est superbe. C’est un style gothique, ce qui est très rare et c’est le seul bâtiment de Nazaire Dugas fabriqué en pierre.»

L’architecte regrette que plusieurs nouvelles constructions ne soient plus conçues pour traverser le temps.

«Je suis un amoureux de l’Europe. Quand on bâtit en Europe, c’est pour donner. Ici, souvent c’est pour vendre. C’est toute la différence.»

Il tente d’employer la philosophie européenne dans tous les projets qu’il entreprend. Il y a quelques années lorsqu’il a fait construire sa nouvelle maison à Pokemouche, dans la Péninsule acadienne, il a fait appel aux services de plusieurs artisans.

«Chaque pièce a une histoire. Il n’y a pas un détail qui n’a pas sa raison d’être.»

Malgré tout, l’architecture a de beaux jours devant lui, même dans la Péninsule acadienne, croit-il.

«Un jeune architecte a autant de chances de réussir ici qu’à Montréal. Là-bas, la compétition est féroce alors qu’ici, il y a moyen de faire des belles choses.»