Manque de relève: 1900 entreprises menacées de fermeture

On estime qu’environ 1900 entreprises seraient menacées de fermeture au Nouveau-Brunswick en raison d’un manque de relève. Un organisme provincial lance la deuxième phase d’une campagne afin de proposer aux communautés de se tourner vers la coopération pour sauvegarder les emplois et faire croître l’économie.

La Coopérative de développement régional – Acadie (CDR-Acadie) a lancé l’initiative en 2014 et compte intensifier ses efforts au cours des prochaines années. L’organisme, basé à Caraquet, a reçu 150 000$ du gouvernement fédéral pour mettre en œuvre ce projet.

La CDR-Acadie veut profiter de cette situation pour promouvoir la formule de la coopération.
D’après ses analyses, le vieillissement va faire en sorte que l’offre risque de dépasser très largement la demande.

«Il y a une menace sérieuse parce que la génération de baby-boomers est sur le point de prendre leur retraite, si ce n’est pas déjà fait. Évidemment, dans bien des cas, les dirigeants n’arrivent pas à trouver une relève pour leur entreprise et ce phénomène va se poursuivre avec le vieillissement de la population. Il est important de concerter tous les intervenants concernés par cette problématique et de travailler ensemble pour que le message passe», dit Melvin Doiron, directeur général de la CDR-Acadie.

Au cours des dernières années, les difficultés de certaines coopératives au Nouveau-Brunswick ont retenu l’attention du public, reconnaît Melvin Doiron. La situation dans son ensemble est toutefois plutôt reluisante, dit-il.

«On a beaucoup médiatisé les entreprises coopératives en difficulté, ce qui n’a pas été le cas avec plusieurs entreprises privées. C’est compréhensible parce que c’est collectif, mais il ne faut pas perdre de vu que la coopération en général se porte bien au Canada. Sur ce plan, il faut passer le message que c’est une formule qui a beaucoup de potentiel.»

La coopération s’avère une formule plus stable et normalement, leur durée de vie dépasse celle des entreprises privées puisque le recrutement de nouveaux membres-propriétaires est constant, mentionne M. Doiron.

Les démarches de la CDR-Acadie connaissent déjà du succès dans la province. L’an dernier, le Village de Saint-Louis-de-Kent a décidé de se départir du Parc Daigle, un camping municipal. Les campeurs saisonniers ont décidé de reprendre l’endroit. Le Camping Coop Parc Daigle appartient aujourd’hui à la quarantaine de campeurs saisonniers, explique Marc Henrie, agent de développement à la CDR-Acadie.

«C’est eux qui ont négocié l’entente. La municipalité voulait trouver une relève. L’option coop a été privilégiée parce que les campeurs étaient les seuls à venir à la table avec une offre satisfaisante.»
Une directrice générale a été embauchée par les membres pour gérer l’entreprise.

«En fin de compte, l’entreprise doit être rentable, mais il ne faut pas nécessairement des grands profits pour satisfaire les actionnaires, il faut simplement satisfaire les membres, soit les campeurs saisonniers. Il y a beaucoup de bénévolat et il y a beaucoup de nouvelles choses qui se sont ajoutées cette année. Ça n’a pas nécessairement coûté une fortune parce que les gens se sont pris en main.»