L’industrie vinicole du N.-B. est en pleine expansion [VIDÉO]

La Vinerie de la Côte magnétique voit grand et poursuit sa croissance. En se faisant un nom sur les tablettes des épiceries, l’entreprise familiale est promise à un avenir radieux.

Verre de vin à la main, Zachary Everett contemple Moncton et les alentours depuis sa terrasse. Surplombant la Côte magnétique, le domaine viticole offre une vue imprenable sur la ville.

Au cours des prochains jours, il poursuivra l’embouteillage de 4000 bouteilles de son vin rouge sec, le Mascaret. L’opération se fait à petite échelle avec l’aide d’un appareil semi-automatique.

Chez les Everett, la passion du vin est une affaire de famille. Propriétaires d’une ferme de fraises et de framboises, Jeff et Janet Everett ont acheté en 2003 une propriété historique datant de 1867 pour la transformer en domaine viticole.

Les parents de Zachary souhaitaient convertir une partie de leur récolte en un produit pouvant être vendu tout au long de l’année.

Le projet a depuis fait du chemin: une nouvelle cave à vin de 8000 pieds carrés est en construction. L’installation permettra de faire grimper la production pour répondre à la forte demande. Elle inclura aussi une plus grande terrasse.

Les propriétaires du vignoble espèrent écouler 40 000 bouteilles cette année. Leurs 5,5 acres de vigne ont suffisamment vieilli pour offrir un rendement intéressant.

Alors qu’auparavant, ils tiraient l’essentiel de leurs revenus des visites sur le site, l’arrivée du vin dans les épiceries leur donne désormais accès à un marché bien plus large.

Étendu à 17 magasins, le projet pilote d’Alcool NB vient soutenir une industrie naissante. La culture du vin au Nouveau-Brunswick est très récente. La plupart des producteurs n’opèrent que depuis une dizaine d’années en raison du climat rigoureux.

Ils ont notamment profité des recherches de l’Université du Minnesota qui a développé des cépages comme le Frontenac ou le Marquette, deux variétés issues de croisements et capables de survivre à des températures allant jusqu’à -37°C.

«Ça ne fait que depuis cinq ans que je vois qu’il y a un avenir dans la viticulture au Nouveau-Brunswick, note Zachary Everett. Grâce à la science, on peut faire des vins modernes tout en gardant les fruits et les traditions de la région.»

En effet, la majeure partie des vins de sont élaborés avec du raisin, des fraises, des framboises et de la rhubarbe cultivés par l’établissement vinicole. Les autres sont créés à partir de canneberges, de bleuets, de pommes et de sirop d’érable issus des producteurs locaux.

Leurs noms sont d’ailleurs inspirés de l’histoire et du paysage du coin: l’Évangeline Blanc, le Bay of Fundy Blue – à base de bleuets – et le Chocolate River, un vin de dessert.

Inspiré par ses voyages en France, en Allemagne et en Italie, le vigneron désire continuer à créer de nouveaux vins et rivaliser avec ce qui ce fait de mieux au pays. Chaque tentative donne un résultat inattendu, explique Zachary.

«Tu commences avec une idée, mais tu ne peux pas complètement contrôler la fermentation. Tu peux choisir les conditions, guider le processus, mais la nature fait ce qu’elle veut. Donc on invente des vins qu’on n’avait pas imaginés, et ça donne un côté amusant.»

Le domaine accueille de plus en plus de touristes qui viennent rester la nuit, pour se promener parmi les vignes ou simplement déguster les produits de la vinerie. Les propriétaires espèrent que les vins du Nouveau-Brunswick continueront à gagner en popularité, et que davantage d’aventuriers prendront la route pour découvrir les boissons du Verger Belliveau à Memramcook ou celles de la Ferme Maury dans le comté de Kent.

«Le tourisme culinaire progresse, les gens recherchent des expériences authentiques, se réjouit Zachary. En fait, être vigneron, c’est un mélange des secteurs agricole, touristique, commercial et culinaire. Ils sont très liés et cette diversité est intéressante.»