Acadie des terres et forêts: la sous-traitance au menu d’une rencontre entrepreneuriale

Les entreprises manufacturières du territoire de l’Acadie des terres et forêts accordent annuellement des contrats en sous-traitance pour des dizaines de millions de dollars à des compagnies de l’extérieur de la région parce que les services recherchés n’y sont pas disponibles. Les intervenants économiques croient qu’il est possible de récupérer une bonne partie de ces pertes financières.

Une activité de réseautage entre les acheteurs de services en sous-traitance et les fournisseurs régionaux se déroulera à la fin de novembre à une date et un endroit qui seront bientôt déterminés. Jusqu’ici, 13 gros joueurs de l’industrie ont démontré un intérêt à y participer.

De ce groupe, trois entreprises qui ont accepté de fournir des chiffres ont estimé que les contrats en sous-traitance qu’elles accordent à l’extérieur du territoire de l’Acadie des terres et forêts atteignent annuellement le cap des 15 millions $.

La première étape de cette initiative, menée par l’Équipe des chefs de file de l’Acadie des terres et forêts, a permis d’évaluer la valeur des pertes financières pour le territoire.

«En prenant connaissance de leur ampleur, on espère que des entreprises, dans une perspective de planification à long terme, vont entreprendre les démarches soit pour aller chercher l’expertise nécessaire, ajouter de la main d’oeuvre ou faire l’acquisition de nouveaux équipements qui pourraient leur permettre d’effectuer ces contrats en sous-traitance. Il leur en reviendra de décider si elles veulent embarquer ou non dans la parade», a dit Félix Daigle, consultant retenu pour ce projet. De nouvelles entreprises pourraient aussi voir le jour, a-t-il fait remarquer.

Il cite en exemple une entreprise qui a fait savoir qu’elle versait environ 2,5 millions $ par année à une firme de l’extérieur spécialisée en lavage industriel ou encore 1,2 million $ à une autre pour ses services en mécanique industriel.

«Il y a des occasions à saisir pour que nos PME deviennent peut-être à leur tour par la suite des entreprises qui offriront des services en sous-traitance à firmes à Québec, Montréal, Toronto ou Boston», a poursuivi M. Daigle.

Lors de la seconde phase, les agences de développement économique tenteront de créer un jumelage entre les deux parties. L’Équipe des chefs de file de l’Acadie des terres et forêts, créée pour faire suite au Congrès mondial acadien 2014, est consciente que les résultats pourraient s’étendre sur quelques années.

«On veut ouvrir la porte et de créer des opportunités d’affaires. Une relation entre deux partenaires, ça se développe. Mais on espère qu’avec la première étape, nous allons semer des graines qui vont engendrer des résultats intéressants d’ici quelques années», a dit sa porte-parole, Lise Ouellette.

Selon elle, la proximité peut s’avérer un avantage très concurrentiel pour les contrats en sous-traitance.

Il existe certaines barrières au développement économique entre les provinces (Nouveau-Brunswick et Québec) et les gouvernements canadien et américain.

«Ces barrières existent quand on s’y arrête. Dans la mesure du possible, les entreprises peuvent effectuer les démarches pour justement se rendre conformes aux diverses réglementations en vigueur», a indiqué M. Daigle.

On retrouve plus de 300 entreprises manufacturières, qui procurent environ 10 000 emplois, dans un rayon de 100 kilomètres sur le territoire de l’Acadie des terres et forêts (Témiscouata, nord-ouest du Nouveau-Brunswick et nord du Maine).