Né pour torréfier [Vidéo]

En 2002, Caley Montague avait 16 ans. C’est à cette époque qu’il a lancé sa première entreprise, Buzz du jour. Il vendait simplement du café et des pâtisseries au Marché de Moncton. Aujourd’hui, il tente d’être la référence en matière de café dans le Grand Moncton.

En 2010, le jeune entrepreneur a créé Café Codiac, à l’intersection de la rue St. George et du boulevard Mont Royal à Moncton. En plus de torréfier ses propres cafés, le restaurateur y sert des soupes, des sandwichs et des pâtisseries faites maison.

Il faut dire que Caley Montague a baigné dans le café depuis sa jeunesse. Ses parents, Terry et Germaine, ont quitté la Saskatchewan en 1984 pour s’installer à Notre-Dame-de-Kent. Ils y ont ouvert un restaurant, Pépin. Après avoir connu un grand succès, ils ont décidé de réorienter l’entreprise. En 1996, Downeast Coffee est né.

Dès un jeune âge, Caley a démontré un intérêt envers les techniques de torréfaction du café. Il a observé ses parents faire croître l’entreprise familiale en un incontournable du café au sud-est du Nouveau-Brunswick.

«C’est vraiment dans mon sang. J’ai encore un bon souvenir de mon premier café. Ç’a toujours été dans notre famille. Mes parents ont commencé à vendre du café au Marché de Moncton en 1985», se souvient le jeune entrepreneur.

Lorsque Downeast Coffee cherchait un pignon sur rue à Moncton, Caley a saisi l’occasion et s’est associé avec ses parents afin d’ouvrir Café Codiac.

«Ç’a commencé l’aventure de ce côté-là.»

L’entrepreneur s’est appuyé sur ses connaissances acquises avec sa première entreprise, Buzz du jour, pour faire grandir Café Codiac, le premier café indépendant avec service au volant à Moncton.

«Avec cette expérience-là, j’ai commencé Café Codiac et on a pu agrandir pour servir non seulement du café, mais aussi de la nourriture. Donc, on fait des soupes maison. On fait des pâtisseries ici sans additifs. Une de nos expressions, c’est l’excellence dans la simplicité. On l’applique en créant un sandwich déjeuner assez populaire dans la région, mais ça reste juste un œuf, du bacon, du fromage et un bon pain au fromage. C’est quelque chose d’assez simple, mais en le faisant bien chaque fois, c’est comme ça qu’on se distingue», a confié M. Montague.

Café Codiac tente aussi d’être un précurseur dans son marché. Ils ont été les premiers à offrir un café infusé à froid avec de l’azote.

Les Starbuck et les Second Cup de ce monde ne l’offrent pas encore dans la région. Le café froid en fût a un goût crémeux et s’apparente presque à une bière stout en matière de goût.

«Ç’a vraiment un goût unique. C’est quelque chose de vraiment particulier. Notre but est d’être la référence pour les gens d’ici. Il faut donc être les premiers sur le marché pour quel les gens puissent découvrir ça», a expliqué M. Montague.

L’entreprise connaît aujourd’hui un tel succès que Caley Montague songe sérieusement à ouvrir une deuxième succursale. Il attend la bonne occasion d’affaires.

«On a un plan de développé. Alors, si on trouve le bon endroit, on est prêt. Ma philosophie: j’aime mieux attendre un peu pour avoir l’endroit parfait plutôt que de se lancer dans quelque chose où il y a encore des doutes. Ce serait vraiment une grande étape pour la compagnie. On veut prendre ça étape par étape pour s’assurer qu’on puisse faire la même chose et offrir le même niveau de service», a-t-il expliqué.

Depuis son ouverture en 2010, le nombre d’employés de Café Codiac a doublé et des tables et des chaises ont été ajoutées pour accueillir une clientèle grandissante.

Le travail de Caley Montague a récemment été récompensé par ses paires. La Chambre de commerce du Grand Moncton lui octroyé le prix de jeune entrepreneur de l’année et il a reçu le prix du choix du public.

Du Nicaragua à Moncton

Café Codiac, c’est plus qu’un restaurant. C’est aussi une brûlerie. Caley Montague et son équipe y torréfient leur propre grain de café.

M. Montague fait affaire avec une petite ferme de café au Nicaragua. Cela permet à Café Codiac de s’assurer d’avoir un café écoresponsable.

«Leur insecticide, ce sont les araignées. Alors, si tu y vas, il faut faire attention. Il y a de grosses araignées. Ils essaient d’incorporer l’agriculture traditionnelle tout en gardant un objectif de grande qualité», a expliqué M. Montague, se remémorant d’une récente visite à cette ferme.

Brûler son propre café permet à Café Codiac d’offrir une variété de goûts à la population du Grand Moncton. Une trentaine de cafés y sont offerts. Au fait, qu’est-ce que les gens de Moncton aiment boire?

«Le goût des gens de Moncton a toujours été un peu plus pour les cafés noirs, d’après nous. Les cafés noirs, ça donne un goût un peu plus fumé et riche, mais très fort aussi. Alors dépendant du type de café ou du mélange, il y a des subtilités qui se retrouvent dans le café fort. De l’autre côté, il y aussi beaucoup de gens qui commandent des américano, des expressos et des allongés. On dirait que les gens s’éloignent un peu du café filtre pour se diriger vers les breuvages à base d’expresso», a avancé M. Montague.

Caley Montague sent le café frais sortant du torréfacteur de Café Codiac. - Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle
Caley Montague sent le café frais sortant du torréfacteur de Café Codiac. – Acadie Nouvelle : Patrick Lacelle

Lorsqu’on jase avec Caley Montague, on sent manifestement son adoration du café. Il est très minutieux dans ses réglages de torréfaction et n’hésite pas à se procurer des équipements à la fine pointe de la technologie pour créer ses cafés.

Quelle est sa meilleure création?

«C’est comme me demander quel est mon enfant préféré. Je bois une variété de café durant le jour. Je vais toujours m’assurer que le goût du café est excellent. Alors, durant la journée, je vais boire notre brun, notre noir et je vais me faire un expresso.», a-t-il confié.

«Nous sommes de vrais coffee nerds», a conclu l’entrepreneur.