«Il n’y a jamais eu de meilleur moment pour démarrer une entreprise»

Des députés fédéraux recommandent la création d’un fonds d’investissement plus tolérant aux risques pour aider les entreprises en démarrage du Canada atlantique.

Lorsque leur projet est encore sur la planche à dessin, les entrepreneurs n’ont parfois d’autre choix que de se tourner vers leur famille ou leurs amis pour financer leur rêve.

Il s’agit d’un scénario bien imparfait lorsqu’une région mise sur l’entrepreneuriat et l’innovation à grande échelle pour améliorer son bilan économique.

C’est pourquoi un groupe de députés libéraux de l’Atlantique demandent au gouvernement fédéral de créer un fonds sur lequel les entrepreneurs de la région pourraient compter pour financer la conceptualisation et la mise à l’essai de leurs idées.

Matt DeCourcey, Nick Whalen, Sean Casey et Andy Fillmore font partie du Sous-comité de l’innovation de la Stratégie de croissance pour l’Atlantique.

Puisque l’objectif est d’aider les entreprises en démarrage, le fonds devrait avoir une «tolérance au risque» plus élevée que les programmes gouvernementaux en général, avancent-ils dans leur rapport.

«Bon nombre de jeunes entreprises n’obtiendront pas nécessairement un succès commercial», rappellent les députés, mais «celles qui réussissent obtiennent souvent des rendements plusieurs fois supérieurs à leur investissement initial.»

Les critères pour mesurer la réussite du fonds ne devraient pas non plus «décourager l’entrepreneuriat en série».

«Les entrepreneurs doivent avoir la capacité de tester leurs idées et de prendre des risques. Et s’ils n’ont pas les résultats voulus, ils doivent pouvoir recommencer. C’est de cette façon que nous serons capables de faire compétition aux autres régions du pays», précise en entrevue le député de Fredericton, Matt DeCourvey.

Les élus proposent que le fonds soit financé à la fois par le gouvernement fédéral, les provinces et le secteur privé.

Ottawa devrait trouver de nouveaux fonds afin d’appuyer cette initiative sans réduire son soutien aux programmes existants comme ceux de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APECA) et de la Banque de développement du Canada destiné aux autres étapes du cycle de vie des entreprises.

Les députés du sous-comité ont remis leur rapport, mardi, au comité de direction de la Stratégie de croissance pour l’Atlantique, dirigé par ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains.

Un besoin selon Doug Robertson

La recommandation du sous-comité répond à un véritable besoin en Atlantique, selon le président-directeur général du centre de services aux entreprises Venn de Moncton, Doug Robertson.

«C’est un vrai problème qui existe. J’espère que ceux qui recevront ce rapport vont l’étudier très sérieusement», dit-il.

Il existe déjà plusieurs organismes comme Venn qui offrent une panoplie de services aux entrepreneurs en herbe, mais c’est souvent le financement qui manque en début de parcours, selon M. Robertson.

«Ça peut être les voyages d’affaires ou ça peut-être le développement de prototypes. Les coûts sont bien réels. Ce sont souvent de jeunes entreprises. C’est l’étape la plus difficile pour obtenir un peu d’aide financière.»

Les régions du globe qui ont tendance à prendre plus de risques en matière d’entrepreneuriat, comme les États-Unis, obtiennent en général de meilleurs résultats malgré les échecs, souligne Doug Robertson.

«C’est dans la nature des entreprises en démarrage. Le taux de succès est environ un sur dix. Il y a de grosses chances que ça ne fonctionne pas. Mais avec les programmes de soutien et de mentorat, il n’y a jamais eu de meilleur moment au Canada atlantique pour démarrer une entreprise.»

Les députés ne proposent pas dans leur rapport de modèle particulier de gouvernance du fonds et ne précisent pas non plus le montant qui devrait être injecté dans le fonds.