Les entrepreneurs francophones inquiets du manque de main-d’oeuvre qualifiée

L’accès difficile à des travailleurs qualifiés préoccupe une majorité des entrepreneurs francophones de la province, révèle la plus récente étude du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB).

L’organisme a dévoilé la semaine dernière les principales préoccupations de la communauté d’affaires francophone en 2017, recueillies par sondage auprès de 118 entreprises membres.

Près de la moitié des sondés jugent que l’accès à de la main-d’œuvre qualifiée sera le défi d’affaires le plus important pour leur entreprise en 2017. Les ressources humaines sont une préoccupation très importante pour 71% des répondants.

Cette question s’est systématiquement retrouvée dans le peloton de tête des 10 derniers sondages annuels du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

«On sait depuis plusieurs années que notre population est vieillissante et en décroissance, il faut tenter de pallier ses défis au plus vite», interpelle Thomas Raffy, directeur général du CÉNB.

Près du tiers des répondants ont indiqué que garder ou développer de nouveaux marchés était un défi important pour 2017, et 61% des sondés estiment que l’innovation est une préoccupation très importante.

Thomas Raffy note que la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée affecte la capacité des entreprises à se démarquer de la concurrence.

«Toutes ces questions sont reliées. Nos entreprises cherchent constamment à innover, et pour cela il faut une main-d’oeuvre capable de se servir de la technologie et de développer de nouveaux produits. Un des obstacles à la productivité des PME, c’est l’accès à des employés qui ont les qualifications et qui sont suffisamment formés.»

Les répondants au sondage étaient invités à proposer des pistes de solutions. Certains demandent notamment de l’aide pour le développement des compétences, la planification de la relève ou encore le recrutement des employés.

Pour s’attaquer à la décroissance démographique, ils suggèrent de travailler à garder ou attirer les jeunes dans les régions et de développer une politique de la natalité.

À partir de septembre, le CÉNB organisera des tables rondes en région pour tenter de répondre aux problèmes auxquels les entreprises sont confrontées. Institutions d’éducation postsecondaires, ministères, organismes de développement économique, municipalités participeront à la discussion avec la communauté d’affaires.

«Les défis sont connus de tous, ajoute M. Raffy. Là où le conseil économique veut jouer un rôle, c’est pour trouver des pistes de solutions en collaboration avec tous les joueurs autour de la province. Quels genres de programmes peut-on mettre en place au collège communautaire ou à l’université pour aider nos entreprises à innover? Comment peut-on offrir de la formation aux employés?»

Les coûts généraux d’exploitation de l’entreprise se placent également parmi les principaux défis des entrepreneurs. Ils citent en particulier le prix de l’électricité, la TVH, le salaire minimum, les assurances et la taxe foncière.

Malgré tout, 65% des répondants au sondage se disent confiant à l’égard de l’économie, soit 9 points de pourcentage de plus que l’an dernier.