Échappatoires fiscales: Bill Morneau se fait rassurant à Dieppe

Bill Morneau se fait rassurant, quelques jours après avoir annoncé des consultations sur les échappatoires fiscales. Devant la communauté des affaires, mardi à Dieppe, il a répété qu’il veut simplement mettre fin aux pratiques injustes.

Le ministre fédéral des Finances s’est adressé aux entrepreneurs de la région, en début d’après-midi dans un hôtel du centre-ville, lors d’un dîner-conférence présenté par la Chambre de commerce du Grand Moncton.

Lors de son allocution, qui portait sur le plan du gouvernement Trudeau pour la classe moyenne, Bill Morneau est revenu sur le dossier des échappatoires fiscales.

«Les données dont nous disposons nous disent que des sociétés privées sont utilisées dans certains cas pour obtenir des avantages fiscaux injustes», a-t-il dit.

On se rappelle qu’il a récemment annoncé la tenue de consultations sur l’utilisation de sociétés privées que font certains contribuables pour payer moins d’impôts. Il s’agit de pratiques légales, mais qu’il qualifie d’«injustes».

Devant les gens d’affaires rassemblés à Dieppe, il a réitéré qu’il ne veut que s’assurer que tous les Canadiens paient leur juste part et que les avantages fiscaux qui ont été créés pour aider les entreprises à croître ne soient pas détournés.

«Je veux être clair; on ne parle pas de la juste part qui est payée par les entreprises, mais bien gens qui utilisent leur structure corporative pour mettre à l’abri leurs revenus et gagner des avantages fiscaux.»

En point de presse après son allocution, Bill Morneau a été invité à réagir aux préoccupations soulevées par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Ce groupe de lobbying national a dit craindre que le resserrement des règles ne nuise aux très nombreuses petites et moyennes entreprises qui emploient plusieurs membres de la même famille.

Le ministre a répondu qu’il ne veut absolument pas donner du fil à retordre aux PME. «Nous
voulons avoir une situation où les PME peuvent continuer de faire des investissements dans leurs affaires. Ça, ça continue d’être notre but, mais nous voulons avoir un système qui est juste.»

Des intentions louables, mais les entreprises n’ont pas besoin d’un autre fardeau

Le directeur général d’un autre groupe de lobbying qui milite au nom des entreprises, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick, était présent au dîner-conférence mettant en vedette le ministre Morneau.

À la sortie de l’événement, Thomas Raffy a confié qu’il trouve que les intentions du ministre des Finances sont «louables».

Il a noté du même souffle que l’on ne sait pas encore quels changements le gouvernement compte apporter. Il espère qu’Ottawa ne mettra pas de bâtons dans les roues des membres du CÉNB.

«On ne veut pas non plus rajouter un autre fardeau sur nos entrepreneurs au niveau fiscal. Il faut qu’il prenne ça en considération», dit-il.

Selon lui, il faudra que les mesures soient ciblées pour éviter que ceux qui respectent les règles et qui paient déjà leur juste part deviennent des victimes collatérales de la réforme.

«Même si les intentions sont bonnes, soit d’aller chercher le pourcentage de gens qui
profitent du système, il ne faut pas oublier que la grande majorité des entrepreneurs veulent du bien et aident leur communauté.»