Le lancement d’un premier fonds canadien de cryptomonnaies soulève des inquiétudes

La firme de gestion de portefeuille Les investissements Rivemont a procédé lundi au lancement du premier fonds de cryptomonnaies au Canada, soit le Fonds Rivemont crypto.

La cryptomonnaie est une monnaie virtuelle qui s’échange entre des particuliers et des entreprises sur internet contre d’autres devises monétaires ou des marchandises, et ce, sans transiger par les réseaux bancaires traditionnels.

Le Bitcoin est sans aucun doute la plus connue de ces nouvelles monnaies. Il est de plus en plus accepté comme moyen de paiement par certains commerçants physiques comme en ligne, au même titre qu’une carte de crédit ou qu’un billet de banque.

Voilà pourquoi la firme de gestion de portefeuille investira principalement dans les cryptomonnaies principales telles que le Bitcoin et l’Ethereum.

Selon Les investissements Rivemont, la capitalisation globale des cryptomonnaies dépasse aujourd’hui les 210 milliards $.

«Les cryptomonnaies représentent possiblement l’opportunité d’une génération, similaire au développement de l’internet dans les années 1990. Nous n’en sommes qu’aux premiers pas de l’implantation et de l’adoption de cette technologie révolutionnaire», a indiqué Martin Lalonde, le président de la firme montréalaise Rivemont.

Ce lancement du Fonds Rivemont crypto survient à peine quelques jours après une sérieuse mise en garde aux investisseurs à propos des cryptomonnaies et des collectes de fonds en cryptomonnaie lancée par la Commission des services financiers et des services aux consommateurs.

La société de la Couronne, dont le mandat vise à protéger les consommateurs et les investisseurs du Nouveau-Brunswick, conseille aux gens d’éviter d’investir dans une entreprise s’ils ne comprennent pas tout à fait le modèle d’affaires ou la façon dont leur investissement va leur rapporter.

La Commission rappelle que les cryptomonnaies n’ont aucune valeur inhérente ou implicite, et que leur prix est influencé à la hausse par des spéculateurs. De plus, elles ne sont ni endossées ni réglementées par une autorité centrale.

Toujours selon la Commission, elles sont susceptibles d’être utilisées pour le blanchiment d’argent en raison de la nature anonyme des transactions.

«Les choses qui sont nouvelles causent une certaine appréhension et suscitent des craintes de la part des autorités, c’est un peu normal…», répond Martin Lalonde.

«C’est quelque chose qui est hyper volatile et qui est risqué», avoue toutefois ce dernier.

Le gestionnaire estime que le rendement de ce nouveau fonds peut s’avérer largement supérieur à celui d’un fonds d’actions canadiennes diversifiées, même si le risque est beaucoup plus grand.

«À notre avis, de 5% à 15% d’un portefeuille peut être investi dans ce secteur et faire en sorte d’en tirer profit», soutient le président de Rivemont.

«Avec les collectes de fonds en cryptomonnaie, il n’y a aucune mesure de contrôle sur la façon dont l’argent investi dans ces entreprises sera utilisé», a déclaré le directeur de l’application de la loi et chef du service de l’information à la Commission des services financiers et des services aux consommateurs, Jake van der Laan.

«Les cryptomonnaies et les collectes de fonds en cryptomonnaie représentent des investissements extrêmement risqués, et il est probable qu’elles seront à l’origine de la prochaine vague de fraude par internet», a-t-il ajouté dans sa mise en garde.