Caisse unique: «Notre pari a été remporté haut la main»

En 2016, la direction de la Fédération des caisses populaires acadiennes a pris le risque de créer une caisse unique au Nouveau-Brunswick. Bien que l’affaire ait suscité de nombreux débats au sein de la population acadienne, le pari de créer UNI Coopération financière a pleinement valu le coup, dit Robert Moreau, président et chef de la direction de l’entreprise depuis le 1er janvier 2017.

L’Acadie Nouvelle a eu l’occasion d’en savoir plus cette semaine lors d’une rencontre éditoriale avec Robert Moreau.

Les résultats financiers pour l’année 2017 ne seront pas connus avant la fin avril, lors de l’assemblée générale annuelle. Robert Moreau hésite alors à parler publiquement de chiffres.

Il promet cependant que les membres peuvent s’attendre à de bonnes nouvelles.

«Quand je regarde notre croissance, je ne pourrais être plus satisfait de ce qu’on va dévoiler. J’ai bien hâte de le partager.»

De nouvelles occasions de développement

Selon Robert Moreau, les changements apportés aux caisses populaires ont notamment permis de cibler de nouvelles occasions de développement d’affaires au Nouveau-Brunswick et même à l’extérieur de la province.

«Je peux vous assurer qu’on a des occasions de développement qui n’auraient pas été possibles auparavant. Ce n’est pas seulement à cause de notre nouveau statut réglementaire, mais à cause de notre crédibilité.»

Puisque UNI Coopération financière est encadré par une charte fédérale depuis le 1er juillet 2016, l’institution financière est devenue la première coopérative de crédit canadienne à charte fédérale. Elle accédait ainsi aux mêmes bases réglementaires que ses compétiteurs.

«Nous suivons les mêmes règlements que les banques à charte. Du côté entrepreneurial, ç’a augmenté la coche pas mal. Ça démontre qu’on est capable de nous adapter aux mêmes règles de jeu que les autres.»

Depuis quelques mois, l’institution financière serait devenue un modèle de développement pour des credit unions à l’extérieur de la province, particulièrement dans l’Ouest canadien.

«On nous demande régulièrement de faire des présentations. On devient une sorte de référence. Pour moi, ça démontre que notre pari a été remporté haut la main. Quand on parle d’occasions de développement, je me sens très choyé d’être à la tête d’un organisme qui est adapté aux besoins d’aujourd’hui.»

Uniformisation des services

La fusion des caisses populaires acadiennes en une seule entité a aussi permis d’uniformiser les services et de simplifier le processus qui, auparavant, pouvait varier selon les différents points de services, dit Robert Moreau.

«Chaque caisse avait sa propre approche pour livrer un service. Avec le temps, c’est devenu plus uniforme, mais avec la fusion, c’est de vraiment rassembler les conditions gagnantes pour tous.»

Le chef de la direction dit bien comprendre les défis des entrepreneurs. Avant d’accéder à la tête d’UNI, le gestionnaire originaire du nord-ouest de la province a travaillé dans le monde des affaires en tant que chef de la direction financière chez Assomption Vie et chez Imperial Manufacturing. Il a aussi été président du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

«Les entrepreneurs sont des gens d’action. Quand il y a une décision à prendre aujourd’hui, ils n’attendront pas une semaine. On a réduit les délais d’attente. Quand une entreprise a accès à des fonds pré-autorisés, ou peu importe, en peu de temps, on devient un partenaire clé dans le développement de l’entreprise.»

Dons aux communautés

Bien que les petits dons dans les communautés ne sont pas en voie de disparition, UNI entend légèrement changer son approche lorsqu’il s’agit de verser des commandites à des organismes de la province.

«Dans notre processus d’évaluation, on va soutenir les communautés à la hauteur de leur niveau de soutien envers UNI. L’objectif n’est pas de donner de l’argent sans mesurer. (…) L’objectif est de trouver un équilibre. Lorsqu’il est temps d’allouer des sous, la priorité va aux projets avec une portée beaucoup plus longue dans une région.»

Par exemple, en juin 2017, UNI a versé un 350 000$ au Centre Jean-Daigle d’Edmundston.

«C’était pour doter cette infrastructure de loges, qui vont générer des revenus annuels pour l’aréna, par extension, pour la communauté. C’est un don qui a eu un impact majeur dans la région. UNI a le plus grand impact quand il peut offrir une contribution de plusieurs dizaines de milliers de dollars dans une région. Quand l’impact est régional, on est prêt à écouter, parce qu’on connaît les effets que ça peut avoir.»

Un gestionnaire «plus réservé»

Avant d’accéder à la tête de la Fédération des caisses populaires acadiennes, Camille Thériault, le prédécesseur de Robert Moreau, était déjà une personnalité publique connue en Acadie. Il avait notamment été le premier ministre du Nouveau-Brunswick de mai 1998 à juin 1999.

Bien qu’il ait occupé des postes clés dans le monde corporatif, Robert Moreau, originaire de Drummond, près de Grand-Sault, est resté à l’écart des projecteurs.

«Je me qualifierai de quelqu’un qui est naturellement un peu plus réservé, mais en même temps, je suis impliqué. Mon prédécesseur était un ancien premier ministre qui a roulé sa bosse de façon exceptionnelle. Aujourd’hui, mon image devient de plus en plus publique.»

En tant qu’ancien chef de la direction financière chez Assomption Vie et chez Imperial Manufacturing, Robert Moreau a passé la majorité de sa vie adulte dans le Sud-Est. Il habite maintenant à Caraquet, où se trouve le siège social d’UNI Coopération financière.

«J’ai grandi dans le Nord-Ouest. La majorité de ma carrière s’est déroulée dans le Sud-Est. Je suis maintenant dans le Nord-Est. Ayant vécu dans les trois grandes régions francophones de la province, ça influence beaucoup ma façon de travailler.»