Mise en garde contre les monnaies virtuelles

Investir dans les monnaies virtuelles comme le bitcoin comporte des risques bien réels, avertit la Commission des services financiers et des services aux consommateurs du Nouveau-Brunswick.

Le bitcoin est une monnaie virtuelle. En d’autres termes, c’est une sorte de code informatique auquel les gens attribuent une certaine valeur. Il s’agit d’une monnaie indépendante et décentralisée qui s’échange sans autorité régulatrice extérieure, sans banque centrale ni compte en banque.

Au cours des derniers mois, la Commission des services financiers et des services aux consommateurs du Nouveau-Brunswick a multiplié les mises en garde et alerté sur plusieurs cas de fraude.

La semaine dernière, l’organisme provincial pointait du doigt le site BitConnect, qui se présente comme une plateforme communautaire de bitcoins. Or, le Texas State Securities Board a récemment déterminé que l’entreprise mène des activités frauduleuses et lui a interdit de vendre des produits de placement au Texas.

«La commission a appris récemment qu’il se pouvait également que BitConnect fasse la promotion de ses produits de placement auprès du public canadien», peut-on lire dans un communiqué.

En décembre, la commission avait levé le drapeau rouge au sujet de l’entreprise USI-TECH Ltd. qui prétend être un fournisseur de plateforme d’échange de devises étrangères et de bitcoins situé à Dubaï.

«Elle promet également des taux de rendement élevés et une rémunération basée sur un système pyramidal pour encourager les gens à recruter leurs amis et les membres de leur famille aux fins d’investissement.»

L’organisme de réglementation appelle d’ailleurs les investisseurs à faire preuve de prudence face à l’absence de garanties et à l’instabilité de ce type de devises, qui peut gagner ou perdre 10% de sa valeur en un jour.

«Les cryptomonnaies sont des produits volatils et très risqués. Les consommateurs sont invités à ne pas se laisser entraîner dans la ruée et à se renseigner à fond. Toute personne qui investit dans les cryptomonnaies devrait savoir qu’elle court le risque de perdre la totalité de ses investissements.»

Les bitcoins et autres monnaies virtuelles n’ont pas cours légal et s’échangent en dehors des institutions financières traditionnelles. Il est donc possible qu’aucun cadre juridique ne protège les consommateurs, car les bourses numériques peuvent exercer leurs activités sans se conformer aux lois applicables.

Selon Jake van der Laan, directeur de l’application de la loi de la commission, l’anonymat des transactions en monnaie virtuelle peut faciliter la tâche des fraudeurs.

«Avec les collectes de fonds en cryptomonnaie, il n’y a aucune mesure de contrôle sur la façon dont l’argent investi dans ces entreprises sera utilisé. Les fraudeurs ont souvent recours à l’attrait des technologies nouvelles et émergentes pour convaincre les victimes potentielles d’investir de l’argent dans leur escroquerie.»

M. Van der Laan juge préoccupant qu’un grand nombre de ces entreprises soient situées à l’étranger. «Une fois que l’argent de l’investisseur quitte le Canada, il est difficile, voire impossible, de remettre la main dessus.»