Emploi: Moncton passe de la dernière à la première position au pays

On pourrait dire que Moncton s’est viré sur un dix cennes. En 12 mois à peine, la municipalité est passée de la dernière à la première position d’un classement canadien quant à la performance de son marché de l’emploi, selon un rapport de la Banque de Montréal.

Le nombre de gens qui occupaient un emploi au cours du dernier trimestre dans le Grand Moncton a augmenté de 9,9% comparativement à la même période l’année dernière, d’après le Bulletin du marché de l’emploi région de la Banque de Montréal (BMO).

Cette statistique est d’autant plus impressionnante que la population a cru de 1,3% et que le taux de chômage a chuté de 2%, d’après les données de l’économiste senior pour la BMO, Robert Kavcic.

En somme, il y a moins de gens sur le chômage dans le Grand Moncton et il y a beaucoup de gens qui se sont trouvé un emploi entre mars 2017 et mars 2018.

Les données de Statistique Canada corroborent les tendances décelées par l’économiste de la BMO. Le taux d’emploi est passé de 57,1% en mars 2017 à 61,8% en 2018, tandis que le taux de chômage est passé de 8,2% à 6,3%.

«Moncton se trouve au sommet du peloton, ce qui en fera sûrement sursauter plus d’un. Il faut garder à l’esprit que les plus petites villes peuvent bouger plus rapidement, dans ce cas-ci de la dernière à la première position. Alors que la municipalité a vu un accroissement des investissements des entreprises, le taux d’emploi a atteint un creux historique de près de six ans à un certain moment l’année dernière, ce qui explique la croissance rapide», a expliqué dans son analyse M. Kavcic.

Une croissance de 9,9%, ça semble excessif selon le vice-président à l’intelligence d’affaires et aux opérations de la corporation de développement du Grand Moncton (3plus), Frederic Gionet. Une telle augmentation représente environ 6000 nouveaux emplois dans la région.

«Six milles emplois, ça déboussolerait», a lancé M. Gionet soulignant qu’il faut prendre ces données à la légère en Atlantique.

Toutefois, la tendance à long terme démontre clairement une croissance de l’emploi dans la région.

«Ceci étant dit, on le ressent dans la communauté, il y a une croissance particulière de la main-d’œuvre. C’est très difficile de ne pas trouver un emploi ici à moins de ne pas avoir les compétences qui correspondent aux besoins du marché», a confié l’expert en développement économique.

Manque de main-d’œuvre

Cependant la population active, c’est-à-dire les gens aptes à travailler, stagne. Il est donc de plus en plus difficile pour les employeurs de trouver les gens dont ils ont besoin.

«C’est un symptôme qu’on voit un peu partout, pas seulement ici au Nouveau-Brunswick ou au Canada. Les pressions des besoins en main-d’œuvre dans certains secteurs commencent à jouer un peu là-dessus», a souligné M. Gionet.

L’immigration devient donc un enjeu important. D’ici trois ans, le Grand Moncton espère pouvoir attirer 2500 nouveaux arrivants par année. C’est ce qui sera nécessaire pour arriver à seulement maintenir la croissance économique actuelle.

Dans le seul secteur des centres d’appels, il faudra plusieurs centaines de personnes par année afin de pourvoir les postes qui seront disponibles.

«Il y a une étude sur les centres d’appels qui sortira sous peu et qui nous dit qu’il faudra 1000 personnes par année, dans la région, qui rejoignent cette industrie pour combler les nouveaux emplois et les gens qui quittent cette industrie. C’est 1000 personnes, pour une seule industrie. Ce sont des défis importants».

À la rencontre des employeurs

Au cours de la dernière année, plusieurs salons de l’emploi ont été organisés par la Ville de Moncton et des intervenants du milieu de l’immigration. Ces événements ont permis à 200 nouveaux arrivants de se trouver un poste.

«On avait des positions de disponibles dans la ville, mais je pense qu’il manquait une connexion entre les chercheurs d’emploi et les employeurs», a expliqué Richard Dunn, agent de développement économique de la Ville de Moncton.

Il y a toujours des centaines d’emplois disponibles actuellement dans le marché de Moncton, selon M. Dunn. C’est pourquoi des représentants de la Ville ont récemment été en mission de recrutement à Toronto et que des gens de 3plus visitent l’Angleterre et le Maroc.

«Il y a beaucoup de gens qui veulent venir à Moncton parce que le coût de la vie est plus abordable, la qualité de la vie est élevée, il n’y a pas trop de trafic. Ça peut donc être intéressant pour les gens», souligne M. Dunn.

Dans le Grand Moncton, les employeurs sont à la recherche dans le domaine du service à la clientèle et en informatique, par exemple.