La croissance du PIB en plein ralentissement au Nouveau-Brunswick

Selon les prévisions du Conference Board du Canada, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel au Nouveau-Brunswick accusera cette année un fort ralentissement, passant de 1,9% en 2017 à 1,3%. Une nouvelle alarmante selon les économistes.

Selon les analyses du Conference Board du Canada, organisme spécialisé dans les prévisions économiques, un certain nombre de secteurs très dynamiques en 2017 ne connaîtront pas un essor significatif en 2018, expliquant la faible croissance du PIB du Nouveau-Brunswick.

Le PIB représente la somme des valeurs de tous les biens et services produits dans un territoire donné au cours d’une année.

Parmi ces domaines en perte de vitesse, le secteur manufacturier et le secteur de la construction devraient pâtir de nouvelles réglementations et de l’instauration de tarifs sur le bois d’oeuvre.

Le secteur de la pêche, qui a connu une «année record» en 2017 selon l’économiste et directeur de l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton, Pierre-Marcel Desjardins, sera lui aussi ralenti.

«Cette année, il y a un mot qui résume les défis de la pêche, c’est le mot baleine. Les quotas ont été réduits (pas en raison des baleines, mais bien pour gérer les stocks: NDLR), et ce que j’ai compris, c’est qu’on va avoir plus de difficultés à remplir les quotas qui sont déjà moindres qu’en 2017», commente-t-il.

La mort de 18 baleines dans les eaux canadiennes et américaines l’été dernier –notamment à cause de collisions avec des navires ou d’enchevêtrement dans des engins de pêche– a conduit le gouvernement fédéral à fermer des zones de pêche pour protéger les cétacés. Les baleines noires sont une espèce en voie de disparition.

Selon le Conference Board, d’autres facteurs pèsent dans la balance et gênent une plus forte croissance. C’est par exemple le cas de l’augmentation des taux d’intérêt, qui freinent l’obtention de crédit à la consommation et réduisent la demande.

Le secteur des services devrait toutefois continuer de croître en 2018. La directrice des prévisions provinciales du Conference Board, Marie-Christine Bernard, indique ainsi que l’annonce de la Banque TD de créer un centre à Dieppe et de créer plusieurs centaines d’emplois sera un coup de pouce certain pour l’économie de la province.

Selon Pierre-Marcel Desjardins, un tel ralentissement de la croissance est «très inquiétant», et ne laisse rien présager de bon pour l’avenir économique de la province.

Pierre-Marcel Desjardins – Archives

Le vieillissement de la population, mauvaise nouvelle pour l’économie

Pour l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, si les chiffres de la croissance du Nouveau-Brunswick sont alarmants, ils ne sont pas une surprise. Celui-ci note en effet que la croissance du Nouveau-Brunswick tend à ralentir depuis plusieurs années, marquant un écart de plus en plus marqué avec la moyenne nationale.

Selon Marie-Christine Bernard, le chiffre de la croissance anticipée du Nouveau-Brunswick en 2018 est le deuxième moins bon du pays, à égalité avec la Saskatchewan. Elle explique que la croissance devrait continuer de ralentir dans les années suivantes.

«La croissance va demeurer assez faible dans les prochaines années, à 1,3% encore en 2019. Après cela, ça va tourner aux alentours de 1% seulement», indique-t-elle.

Pour Pierre-Marcel Desjardins, l’une des principales raisons de ce long ralentissement est le vieillissement de la population. L’augmentation de la part des aînés dans la province pèse en effet lourdement sur l’offre de main d’oeuvre, tout en faisant pression sur le système de santé.

«On a plus de gens qui partent à la retraite que de gens qui intègrent le marché du travail. C’est tout simplement un calcul mathématique: s’il y a moins de gens qui travaillent, automatiquement cela fait que l’on va produire moins», explique-t-il.

Une des solutions avancées par l’économiste serait de mettre en place une meilleure politique migratoire dans la province pour équilibrer les effets du vieillissement, et de dynamiser le secteur privé.

Selon les prévisions du Conference Board, la croissance de l’ensemble des provinces devrait accuser un ralentissement en 2018. Les chiffres restent toutefois très inégaux à travers le pays.

Ce sont la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard qui connaîtront la plus forte croissance (2,6%) en 2018. La Nouvelle-Écosse prend quant à elle la dernière position du classement, avec une croissance de 0,8% seulement.