Des femmes de tous les métiers

Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Nouveau-Brunswick (RDÉE NB) a lancé, la semaine dernière à Petit-Rocher, huit capsules vidéo pour valoriser les femmes dans les métiers non traditionnels.

Le marché est en manque de main-d’œuvre qualifié, dont plusieurs à prédominance masculine telle que les secteurs du transport, de la construction ou manufacturier. L’initiative de faire des capsules vidéo vise à mettre en valeur les femmes ayant choisi un métier et de les valoriser auprès des jeunes filles.

«Nous espérons qu’avec ces capsules vidéo, les jeunes filles seront inspirées à suivre leurs ambitions. Il existe plusieurs cours de métiers spécialisés offerts au Nouveau-Brunswick qui pourront les aider à faire une carrière intéressante», explique Véronique Savoie, gestionnaire en employabilité du RDÉE NB.

Les capsules vidéo démontrent l’expérience de ces huit femmes qui ont réussi avec succès à s’intégrer dans un milieu de travail majoritairement masculin.

Seule mécanicienne automobile francophone avec le sceau rouge

Véronique Clément, qui est la seule mécanicienne automobile francophone avec le sceau rouge, a confié dans la vidéo avoir commencé à faire de la mécanique avec son père et son frère.

«Ça m’intéressait d’en savoir plus et j’ai décidé de suivre une formation en mécanique auto. Après cela, je devais faire mes heures. Ce n’était pas facile parce que je suis une femme. J’ai travaillé à la vente des pièces pour avoir de l’expérience et après j’ai fait un stage en mécanique de petits moteurs. J’ai des amis qui m’ont dit qu’il y a une ouverture chez Kia à Bathurst. J’ai postulé et j’ai été embauchée chez Bayside Kia à Bathurst.»

«C’est sûr que souvent on a des commentaires, du genre c’est une femme est-ce qu’elle peut soulever un pneu ou serrer les écrous des pneus correctement.»

Selon Véronique Clément la mentalité a changé un peu depuis qu’elle a commencé à travailler dans ce secteur.

«Cela fait six ans que je travaille dans le secteur. Les gens sont un peu plus ouverts et je suis contente d’être une source d’inspiration pour les autres. C’est sûr que c’est intéressant d’avoir plus de femmes qui travaillent dans ce secteur. Que ce soit une femme ou un homme, l’important est de faire correctement son travail.»

Sonia Eagles est une camionneuse dans la région Chaleur. Son aventure a commencé à l’âge de 18 ans.

«J’ai parlé avec mon père de mon intention de devenir chauffeuse de camion, et il m’a dit que ce n’est pas un métier de femme. Cela m’a découragé un peu, et j’ai mis ça de côté pour me diriger au service à la clientèle. Un jour, j’ai décidé que je veux suivre mon chemin pour devenir chauffeuse.»

«J’ai parlé avec mon père et il m’a dit de revenir dans la région de Bathurst et qu’il allait m’aider. C’est mon père qui m’a tout appris sur la conduite de camion lourd. J’ai fait du bénévolat avec mon père pendant six mois. Lorsque mon père a pris sa retraite, j’ai pris son camion. Je me lève le matin, et j’ai hâte d’aller travailler», a déclaré Mme Eagles.

André Frenette, directeur général de R.H. Frenette, a confié que ce n’est pas les occasions d’emplois qui manquent dans le domaine du camionnage.

«Il y a un manque flagrant de chauffeurs de camions lourds à la grandeur du pays. Ce sont des emplois accessibles aux femmes qu’aux hommes.»

Véronique Savoie, gestionnaire en employabilité du RDÉE NB, explique que l’équipe de l’initiative sera en tournée dans les polyvalentes francophones de la province tout au long de l’automne pour sensibiliser les jeunes filles. Mais aussi pour discuter avec les conseillers en orientation et les enseignants.